Une nouvelle planète naine a-t-elle été découverte dans notre Système solaire ?

Et si notre Système solaire comptait une nouvelle planète naine ? Un objet glacé découvert dans les régions les plus éloignées du Soleil présente des caractéristiques prometteuses, même si son statut reste encore à confirmer.

Une possible nouvelle planète naine a récemment été découverte aux confins de notre Système solaire
Une possible nouvelle planète naine a récemment été découverte aux confins de notre Système solaire

Notre Système solaire nous réserve encore beaucoup de secrets et les astronomes font chaque année de nouvelles découvertes à son sujet.

Récemment, un astrophysicien du Center for Astrophysics Harvard & Smithsonian a découvert une potentielle nouvelle planète naine au-delà de Pluton.

Un objet repéré par Vera C. Rubin

L'observatoire Vera C. Rubin, équipé d'un télescope de 8,4 mètres de diamètre et perché sur le Cerro Pachón, au Chili, scrute le ciel en capturant grâce à sa caméra de 3,2 gigapixels, la plus grande jamais construite pour l'astronomie, des images détaillées de l'espace qui nous entoure. Ces images sont ensuite analysées par les chercheurs afin d'y repérer de nouveaux objets célestes, dont certains pourraient n'avoir encore jamais été observés.

Le 13 octobre dernier, un astrophysicien passait justement au crible des images capturées par le télescope entre mars et juillet 2026, utilisant notamment un algorithme permettant de relier les détections successives d'un même point lumineux afin de repérer les objets en mouvement d'une nuit à l'autre.

L'un de ces points lumineux a rapidement attiré son attention. Sa luminosité, rapportée à sa distance, suggérait en effet une taille exceptionnellement importante. Pensant d'abord à une erreur de calcul ou à un problème lié à l'algorithme, le chercheur a finalement compris qu'il avait repéré un objet céleste potentiellement remarquable, situé au-delà de Pluton.

En partant de cette découverte, le responsable scientifique du Système solaire de Vera C. Rubin a ensuite retrouvé vingt observations supplémentaires de l'observatoire ainsi que des clichés d'archives de la caméra DECam afin de retracer la piste de ce nouvel objet céleste jusqu'en 2016.

Une nouvelle planète naine ?

Grâce à ces observations supplémentaires, les astronomes ont ainsi pu identifier plus précisément 2026 ED138, un objet de glace circulant en orbite à environ 46 unités astronomiques de notre Soleil, soit 6 unités astronomiques de plus que l'orbite moyenne de Pluton.

Le diamètre de ce monde lointain a été estimé entre 600 et 1500 km, soit l'un des plus gros candidats au statut de planète naine jamais repérés au-delà de Neptune. Néanmoins, il n'est pour le moment pas possible pour les chercheurs de confirmer que ce nouvel objet céleste est bien une planète naine.

En effet, pour obtenir ce statut, ED138 devra s'avérer assez massif pour que sa propre gravité l'ait arrondi, ce qui ne pourra qu'être confirmé par de futures observations infrarouges. Si c'est effectivement le cas, ce nouveau monde lointain deviendra alors la sixième planète naine officiellement reconnue par l'Union astronomique internationale dans notre Système solaire.

L'observatoire Vera C. Rubin scrutera le ciel austral durant les 10 prochaines années, ce qui permettra certainement de nouvelles découvertes majeures pour l'astronomie - Rubin Obs./NSF/AURA/H
L'observatoire Vera C. Rubin scrutera le ciel austral durant les 10 prochaines années, ce qui permettra certainement de nouvelles découvertes majeures pour l'astronomie - Rubin Obs./NSF/AURA/H

De nouvelles observations seront donc nécessaires dans les prochains mois pour préciser les caractéristiques d'ED138 et déterminer s'il peut effectivement être considéré comme une planète naine. L'observatoire Vera C. Rubin devrait jouer un rôle important dans ces recherches, puisqu'il est destiné à cartographier le ciel austral de manière répétée pendant une dizaine d'années.

Grâce à sa capacité à détecter des objets très lointains et jusqu'ici inconnus, cet instrument pourrait ainsi permettre de nouvelles découvertes majeures aux confins de notre Système solaire et contribuer à mieux comprendre son histoire et son évolution. Ses performances se sont d'ailleurs déjà illustrées en avril dernier, avec la détection de 11 000 astéroïdes jusqu'alors inconnus.

Référence de l'article

Aymeric Geoffre-Rouland. (2026). “Une incrédulité mêlée d’excitation” : la découverte d’un nouveau monde au-delà de Pluton pourrait changer la carte de notre Système solaire.