Un trou creusé par Curiosity aurait-il apporté la preuve de la vie sur Mars ?
Des molécules organiques complexes retrouvées dans un échantillon du sol martien pourraient bien être la preuve de la présence d'une vie ancienne sur la planète rouge.

Selon une scientifique française du CNRS, la quantité de molécules organiques complexes observée dans un échantillon de roche martienne ne pourrait, pour le moment, s'expliquer que par la présence d'une vie ancienne sur la planète rouge.
Un échantillon particulièrement intéressant
Le 19 mai 2013, le rover Curiosity développé par la NASA prélevait un échantillon sur le site Yellowknife, un ancien lac présumé dans le cratère Gale datant de 3,7 milliards d'années, échantillon qui allait prendre le nom de « pierre de boue de Cumberland ».
One year ago (Feb 7, 2025), NASAs Curiosity rover stood on Mount Sharp and captured a panoramic view looking down into Gale Crater.
— Kekius Maximus (@Kekius_Sage) February 17, 2026
Yes, this is Mars, about 140 million miles away. pic.twitter.com/9TCHxhkDk9
Cet ancien lac situé dans le cratère Gale contient du soufre, qui peut aider à préserver des molécules organiques mais également des nitrates et du méthane, des éléments qui sont liés aux processus biologiques sur notre planète. Ainsi, le site de Yellowknife est donc particulièrement intéressant dans la recherche de traces de vie sur Mars.
Selon les analysés précédemment réalisées sur le sujet, les quantités de molécules complexes trouvées dans cet échantillon pouvaient avoir une origine biologique certes, mais également abiotique (non liée au vivant) par apport météoritique ou via de la chimie induite par l'ancienne atmosphère martienne.
De nouvelles analyses plus prometteuses
Une précédente étude scientifique sur le sujet avaient mis en avant des quantités de ces molécules complexes de l'ordre de 30 à 50 parties par milliard, ce qui est trop peu pour conclure à une abondance d'origine biologique. Or, cette étude ne comptait pas le rayonnement ionisant que subit le sol martien de par son absence d'atmosphère épaisse.
Il a en effet été mesuré que l'échantillon prélevé par Curiosity en 2013 avait subi au moins 80 millions d'années de rayonnements. Ainsi, d'après les calculs réalisés récemment par Caroline Freissinet et son équipe, l'abondance de molécules organiques complexes avant irradiation était plutôt de l'ordre de 120 à 7700 parties par millions.
Selon la scientifique française, ni les météorites ni la chimie atmosphérique, ni l'hypothétique activité hydrothermale passée dans le lac du cratère Gale ne pourrait expliquer de telles quantités. En d'autres termes, les scientifiques estiment aujourd'hui que de telles concentrations d'alcanes à longue chaîne sont incompatibles avec des sources abiotiques connues de molécules organiques sur l'ancienne Mars.
En restant prudents, les chercheurs estiment que « la source la plus spéculative d'alcanes à longue chaîne dans la pierre de boue de Cumberland serait une hypothétique biosphère martienne ancienne », tout en ne prétendant pas non plus que cet échantillon de boue martienne indique la preuve formelle d'une vie ancienne sur la planète rouge.
En résumé, l'origine biologique de ces échantillons de molécules organiques complexes semble l'explication la plus convaincante, mais celle-ci ne peut pas être privilégiée pour le moment par simple prudence. Comme l'exprime le principe de Sagan : Des affirmations extraordinaires (la présence d'une vie extraterrestre sur Mars), nécessitent des preuves extraordinaires (preuve directe de son existence). Pour le moment, ces molécules sont néanmoins les meilleurs indices allant dans ce sens.
Référence de l'article :
Vie extraterrestre sur Mars : ce trou foré par le robot Curiosity ne laisse pas d'autre explication, Les Numériques (13/02/2026), Brice Haziza