Insolite : les astronomes ont enfin trouvé ce qui déformait le Petit Nuage de Magellan !

Des chercheurs ont étudié le mouvement des étoiles présentes dans le Petit Nuage de Magellan afin de comprendre quelles forces gravitationnelles pouvaient expliquer sa déformation.

Les forces gravitationnelles exercées sur le Petit Nuage de Magellan sont si intenses que celles-ci entraînent sa déformation et son étirement.
Les forces gravitationnelles exercées sur le Petit Nuage de Magellan sont si intenses que celles-ci entraînent sa déformation et son étirement.

Une déformation anormale du Petit Nuage de Magellan, l'une des galaxies naines les plus proches de la Voie lactée, est observée par les astronomes. Après une étude approfondie du mouvement des millions d'étoiles situées dans cette galaxie, les chercheurs pensent avoir enfin trouvé une explication à cette distorsion peu commune.

Des galaxies satellites

Le Petit Nuage de Magellan est moins connu que son voisin, le Grand Nuage de Magellan. Pourtant, celui-ci est visible à l’œil nu depuis l'hémisphère Sud, formant une tâche laiteuse dans le ciel nocturne.

Cette galaxie naine est située à 210 000 années-lumière de la Terre et s'étend sur environ 20 000 années-lumière. Le Petit Nuage de Magellan est ainsi cinq fois moins large que la Voie lactée et possède également bien moins d'étoiles, « seulement » quelques milliards contre plusieurs centaines de milliards pour notre galaxie.

Avec son voisin, le Grand Nuage de Magellan, cette galaxie naine forme un couple de galaxies satellites gravitant autour de la Voie lactée. Même si celles-ci sont séparées d'environ 75 000 années-lumière, ces deux galaxies interagissent tout de même gravitationnellement entre elles, au point de s'être arrachées des ponts de gaz et d'étoiles, comme le fameux pont magellanique.

Certains chercheurs pensent même que celles-ci ont pu se percuter ou se frôler il y a environ 150 millions d'années.

Ces interactions gravitationnelles ont eu pour effet de déformer ces deux galaxies, notamment le Petit Nuage de Magellan dont la forme laissait jusqu'ici les scientifiques perplexes. Une équipe internationale de chercheurs a ainsi cherché à comprendre comment les étoiles se déplaçaient à l'intérieur de cette galaxie naine, afin de mieux comprendre l'évolution de la forme atypique de cette galaxie.

Des résultats surprenants

Pour se faire, les chercheurs ont utilisé les données du programme Vista Survey of the Magellanic Clouds capturées par l'Observatoire européen austral au Chili. Grâce à la lumière infrarouge, celui-ci a en effet pu étudier de nombreuses étoiles dans le Petit Nuage de Magellan et ce à travers les nuages de poussière et de gaz, ce qui a permis aux scientifiques de définir les trajectoires de près de 760 000 étoiles de cette galaxie entre 2010 et 2022.

En reconstituant les mouvements de ces étoiles, les chercheurs ont ainsi pu démontrer que les étoiles s'éloignaient du centre à environ 17 kilomètres par seconde en moyenne, autrement dit le Petit Nuage de Magellan n'est pas une galaxie en rotation stable comme on le pensait mais est progressivement étirée par les forces de marées gravitationnelles exercées par la galaxie voisine : le Grand Nuage de Magellan.

Les résultats révèlent également que toutes les populations d'étoiles ne réagissent pas de la même manière à cette déformation. Les jeunes étoiles présentent des mouvements d'expansion plus marqués tandis que les anciennes conservent la trace d'interactions gravitationnelles vieilles de plus de 2 milliards d'années.

Ainsi, les chercheurs ont démontré que le Petit Nuage de Magellan était aujourd'hui dans un état de fort déséquilibre dynamique, un déséquilibre qui ne devrait d'ailleurs pas s'améliorer sur le long terme. En effet, les interactions avec le Grand Nuage de Magellan et la Voie lactée devraient continuer d'étirer et de déformer cette galaxie.

Outre l'amélioration de nos connaissances sur l'histoire de ce couple de galaxie relativement « proches » de notre Voie lactée, ces nouvelles observations permettent également d'en apprendre plus sur les interactions entre galaxies voisines. Nos connaissances sur ce sujet restent pour le moment encore limitées, le plus souvent issues de modèles théoriques difficiles à vérifier tant les échelles de temps sont immenses dans ce type de situation.

Référence de l'article :

Quelque chose déforme cette galaxie depuis des milliards d’années, et les astronomes le voient enfin, Futura-Sciences (06/06/2026), Gaspard Salomon