Incroyable : une collision entre deux planètes observée à l'autre bout de la galaxie !
Une collision entre deux planètes aurait eu lieu dans la constellation de la Poupe selon une équipe d'astronomes. Celle-ci a été détectable grâce à la modification de la luminosité de l'étoile Gaia-GIC-1 ainsi qu'une augmentation des émissions infrarouges dans cette région du cosmos.

Des astronomes sont quasiment persuadés d'avoir observé une collision entre deux exoplanètes autour d'une étoile située à 11 000 années-lumière de la Terre !
Trahie par la lumière !
Située dans la constellation de la Poupe, l'étoile Gaia-GIC-1 semblait jusqu'ici parfaitement normale, similaire à de nombreuses autres étoiles scrutées par les astronomes dans la recherche d'exoplanètes lointaine.
Pourtant, à partir de 2016, trois grands creux sont apparus dans sa luminosité captée depuis la Terre, suivies d'un événement « complètement dingue » selon les astronomes Anastasios Tzanidakis et James R. A. Davenport, qui ont d'ailleurs récemment publié une étude sur le sujet dans The Astrophysical Journal Letters.
Les données recueillies par les scientifiques n'étaient en effet pas compatibles avec le simple transit d'une planète ou d'un nuage de poussière stellaire devant l'étoile en question. En effet, en croisant les mesures de luminosité dans le spectre visible et les relevés infrarouges, les chercheurs ont remarqué que, si la lumière visible chutait, l'émission infrarouge augmentait nettement.

En d'autres termes, ce pic infrarouge combiné à cette baisse de luminosité trahit le passage d'un objet extrêmement chaud devant son étoile, un objet bien trop chaud pour être un simple débris passif ou une planète. D'après les modélisations effectuées par les astronomes, cet objet trop chaud serait en fait le résultat d'une collision frontale entre deux planètes !
Des similitudes avec la Terre ?
Selon l'étude réalisée par Andy Tzanidakis et son collègue, les deux planètes auraient débord effectué une série de « frôlements », de petits impacts rasants avant un choc final quelques années plus tard. Ce scénario expliquerait les petites baisses de luminosité observées dès 2016 avant l'impact final capté par les scientifiques en 2021.
Cette collision cataclysmique aurait ensuite résulté en un imposant nuage de débris, composés de roches vaporisées et de poussière incandescente. Ce nuage orbite désormais autour de cette étoile située à 11 000 années-lumière de notre planète en émettant un intense rayonnement infrarouge alors que la lumière de l'étoile s'est retrouvée atténuée par les débris.
Comme le soulignent les scientifiques, observer une collision planétaire est une chose incroyable, qui plus est à une telle distance. Nous avons en effet eu la chance de regarder au bon endroit au bon moment, nous permettant de capter un événement si cataclysmique à l'échelle d'un système stellaire mais pourtant si court à l'échelle de l'Univers.
Celle observation a également un intérêt non-négligeable pour comprendre l'histoire de notre propre planète. En effet, un événement similaire aurait concerné la Terre il y a environ 4,5 milliards d'années, lorsqu'une planète de la taille de Mars (Théia) l'a percuté.
Jolie simulation de la formation de notre Lune grâce à limpact de la protoplanete Théia sur la Terre il y a 4 milliards dannées ! pic.twitter.com/lLSzGUzkqV
— SpaceScience (@SpaceScience_) October 11, 2022
Le nuage de débris consécutif à cet impact aurait ensuite formé la Lune et la Terre telle que nous la connaissons aujourd'hui. Documenter ce type de phénomène permet ainsi de parfaire nos modèles théoriques sur la naissance et l'évolution des systèmes planétaires.
Référence de l'article :
L'incroyable a eu lieu : deux planètes ont explosé sous les yeux des astronomes, Les Numériques (12/03/2026), Brice Haziza
Gaia-GIC-1: An Evolving Catastrophic Planetesimal Collision Candidate, The Astrophysical Journal Letters (11/03/2026), Anastasios Tzanidakis and James R. A. Davenport