Une météorite nous appartient-elle si on la trouve en France ?

Une météorite appartient-elle à celui qui la trouve ou au pays dans lequel elle s'écrase ? Les scientifiques peuvent-ils en revendiquer la propriété dans le but de l'étudier ?

On estime que 100 000 à 200 000 tonnes de météorites tombent sur Terre chaque année !
On estime que 100 000 à 200 000 tonnes de météorites tombent sur Terre chaque année !

Que doit-on faire d'une météorite si celle-ci atterrit dans notre jardin ou si nous la trouvons simplement en nous promenant ? Est-ce que celle-ci nous appartient ?

Les météorites : une importance scientifique

Le dimanche 8 mars, un météore particulièrement lumineux a traversé le ciel du nord de la France et de l'Allemagne, se montrant également visible sur le Bénélux et la Suisse. Si le spectacle fut impressionnant et aperçu par des milliers de personnes, celui-ci ne fut pas sans conséquence.

En effet, des débris auraient été retrouvés dans la région de Koblenz en Allemagne, certains d'entre eux ayant même touché et percé la toiture d'un immeuble d'habitation. Heureusement, le débris en question n'a pas fait de blessés, mais a tout de même laissé un trou de la taille d'un ballon de football dans la toiture du bâtiment.

Il est rare qu'une météorite s' écrase sur une zone habitée, encore plus qu'elle fasse des dégâts. Néanmoins, on estime que 230 météores d'un poids supérieur à 10 grammes s'écrasent chaque jour à la surface de la terre et que 13 710 météorites supérieures à 100 grammes tombent chaque année sur notre planète. La plupart du temps, ces objets venus de l'espace s'écrasent néanmoins dans des zones inhabitées, ou bien dans les océans.

Il est ainsi peu fréquent de mettre la main sur une météorite, pourtant celles-ci ont une grande importance scientifique. En effet, celles-ci sont considérées comme les « boites noires » du Système solaire car elles permettent de répondre aux questions les plus fondamentales sur nos origines.

Ces roches venues de l'espace permettent en effet aux chercheurs d'étudier des processus impossibles à observer sur Terre, certaines comme les chondrites ayant par exemple conservé la recette chimique originelle de notre Système solaire. D'autres encore peuvent nous permettre de dater plus précisément notre Système solaire, nous en apprendre plus sur les origines de l'eau et même de la vie et même confirmer la composition du noyau terrestre !

Une météorite peut-elle nous appartenir ?

Vous l'aurez compris, les météorites ont une importance capitale dans l'astrophysique moderne, de ce fait, les météores les plus rares peuvent avoir une valeur inestimable. Néanmoins, si nous nous retrouvons un jour nez à nez avec une météorite, peut-on la garder ou même revendiquer sa propriété ?

Il n'est malheureusement pas si simple de répondre à cette question aujourd'hui, puisqu'aucune loi n'a été votée à ce propos en France. La question avait bien été posée en septembre 2018 par le député Stéphane Viry au ministère de l'Enseignement supérieur, celui-ci mettant en avant l'importance de clarifier le sujet.

De ce fait, dans la majorité des cas, le juge se retrouve le seul à devoir trancher et peut très bien décider de laisser la propriété au découvreur, ce qui peut être pénalisant pour la science. Ce fut d'ailleurs le cas en 2014, année où un tribunal avait statué qu'une météorite découverte dans une forêt appartenait bien à la personne qui la trouvait, et non à l'État car la météorite est « un produit tombé du ciel, un bien sans maître ».

Le député Stéphane Viry avait de ce fait repris cet exemple en exprimant que la science était dans ce cas perdante puisqu'elle ne disposait pas de la possibilité d'exploiter les données que la météorite pouvait fournir.

Celui-ci proposait ainsi de créer un « droit d'usage » ou de « propriété partagée » des météorites, ce qui permettrait à la communauté scientifique d'en revendiquer l'accès sans forcément priver le découvreur de son bien.

Le ministère s'était bien montré en faveur d'une loi permettant l'accès à toute les météorites trouvées à la communauté scientifique, toutefois seulement à conditions qu'elle soit réellement efficace, c’est-à-dire qu'elle soit adoptée au minimum au niveau européen, et qu’elle inclue explicitement le cas des météorites en Antarctique.

Néanmoins, depuis, le sujet est resté au poids mort, le ministère indiquant préférer que l'initiative d'une telle loi vienne d'une organisation scientifique internationale. De ce fait, le flou persiste sur la propriété de tels objets en France. Ainsi, un particulier découvrant une météorite n’est pas tenu par la loi d’en informer les autorités.

Référence de l'article :

Si je ramasse une météorite, est-elle à moi ?, Numerama (10/03/2026), Nelly Lesage