Comment cette future sonde martienne pourrait révolutionner l'exploration spatiale ?

Une sonde propulsée par un moteur nucléaire thermique sera envoyée vers Mars d'ici un peu moins de 3 ans, celle-ci sera accompagnée d'une technologie qui pourrait bien changer notre façon d'explorer l'espace lointain, mais pas que.

La sonde SR1 Freedom sera propulsée par un moteur nucléaire thermique, lui permettant de voyager plus rapidement dans l'espace - Image d'illustration
La sonde SR1 Freedom sera propulsée par un moteur nucléaire thermique, lui permettant de voyager plus rapidement dans l'espace - Image d'illustration

La Nasa a annoncé miser sur la puissance de l'atome pour la prochaine mission Space Reactor-1 (SR1) Freedom. Prévue pour la fin d'année 2028, cette sonde pourrait bien révolutionner la façon dont nous explorons l'espace lointain.

Un réacteur nucléaire !

Jusqu'à aujourd'hui, la question de l'énergie était un véritable casse tête pour l'exploration spatiale. Si le Soleil offre une source d'énergie continue et inépuisable sur le papier, permettant virtuellement à une mission spatiale de se poursuivre éternellement tant qu'elle est éclairée par la lumière, la réalité est plus aléatoire.

En effet, l'intensité lumineuse reçu par une sonde ou un rover peut grandement varier en fonction des paramètres de la mission et de l'environnement. Également, plus on s'éloigne du Soleil, plus l'intensité lumineuse reçue est faible.

Sur Mars par exemple, celle-ci ne représente que 43% de celle de la Terre, sans parler des tempêtes de poussières qui peuvent plonger les rovers dans l'obscurité durant des semaines.

La prochaine mission SR1 Freedom, apportera ainsi une solution radicale au problème solaire. Celle-ci sera en effet équipée d'un réacteur à fission utilisant de l'uranium enrichi associé à une conversion d'énergie par cycle de Brayton (cycle thermodynamique utilisé dans certains moteurs thermiques). Ce système devrait déliver une puissance constante de plus de 20 kWe.

Cette mission devrait débuter en décembre 2028 et marquera l'envol du premier vaisseau spatial interplanétaire à propulsion nucléaire vers Mars. Après l'extraction de l'attraction terrestre, le réacteur nucléaire s'activera dans les 48h, ce qui permettra d'alimenter des propulseurs électriques à haute efficacité.

Une révolution pour l'exploration spatiale ?

La mission SR1 Freedom s'annonce ainsi historique. Avec elle, la Nasa ne lance en effet pas simplement une nouvelle sonde dans l'espace, celle-ci montrera d'une part la puissance de la propulsion nucléaire électrique et d'autre part son efficacité extraordinaire de transport de masse dans l'espace lointain, là où le rendement des panneaux solaires diminue très rapidement ou est tout simplement inexistante.

Également, la Nasa testera avec cette mission la « centrale électrique » des futures colonies. Si cette technologie s'annonce très efficace en matière de propulsion, elle s'avérera également très utile pour survivre à des millions de kilomètres de la Terre. La survie à la surface d'une autre planète nécessitera en effet des sources d'énergies massives, qui ne pourront certainement pas être garanties par le solaire.

Enfin, les moteurs nucléaires thermiques pourraient réduire le voyage Terre-Mars de neuf à seulement trois ou quatre mois selon les estimations, un gain de temps crucial pour ce type de mission mais aussi plus simplement pour la santé des astronautes, qui seront de ce fait moins exposés aux radiations cosmiques.

La mission Space Reactor-1 (SR1) Freedom permettra ainsi de potentiellement révolutionner l'exploration spatiale et la manière dont nous l'appréhendons dans un futur au final assez proche. En effet, celle-ci pourrait être le premier échelon d'un véritable bouleversement : l’avènement du nucléaire spatial.

Référence de l'article :

Nasa : le moteur nucléaire devient enfin une réalité, cap sur Mars dès 2028, Les Numériques (25/03/2026), Brice Haziza