Selon une vaste étude scientifique, quel est ce régime qui réduirait les risques de développer certains cancers ?

Bonne nouvelle pour les végétariens ! Une nouvelle étude, qui a suivi 1,8 million de femmes et d'hommes pendant plus de quinze ans, confirme que supprimer la viande de son assiette réduit les chances de développer certains cancers.

Les végétariens présentent jusqu'à 31% de chances en moins de contracter certains cancers.
Les végétariens présentent jusqu'à 31% de chances en moins de contracter certains cancers.

Retirer les produits carnés de son assiette semble à nouveau prouver ses bienfaits sur la santé, cette fois-ci selon une étude approfondie publiée le 27 février dans la revue British Journal of Cancer. L'équipe de chercheurs a suivi et rassemblé, pendant plus de 15 ans, les données de neuf cohortes différentes.

1,8 million de personnes sur trois continents, issues du Royaume-Uni, des États-Unis, de Taïwan et d'Inde ont participé. L'étude comptait 1 645 555 mangeurs de viande, 57 016 mangeurs de volaille, 42 910 pesco-végétariens (ou "pescatariens"), 63 147 végétariens (qui excluent la viande et le poisson) et 8 849 végétaliens (qui excluent en plus les produits laitiers et les œufs).

Jusqu'à 31% de chance en moins de développer un cancer

L'étude révèle des réductions substantielles des risques : par rapport aux consommateurs de viande rouge (bovins, ovins, porc, etc.), les végétariens étudiés ont présenté un risque plus faible de myélome multiple (-31 %), de cancer du rein (-28 %), du pancréas (-21 %), de la prostate (-12 %) et du sein (-9 %).

Le Centre international de recherche sur le cancer classe en effet la viande rouge comme « cancérogène probable. » Les viandes transformées (après salaison, maturation, fermentation, etc.) sont même dans la catégorie « cancérogène certain ».

« Cette étude est une excellente nouvelle pour les personnes qui suivent un régime végétarien, car elles présentent un risque plus faible de développer cinq types de cancer, dont certains sont très répandus dans la population », a déclaré Aurora Pérez-Cornago, chercheuse principale de l'étude, au Guardian.

L’étude du British Journal of Cancer a tout de même observé que les personnes végétariennes avaient un risque plus élevé de carcinome épidermoïde de l’œsophage, une forme de cancer de l’œsophage (+93 %). Cela ne concerne toutefois que sur 31 cas chez des végétariens dans 3 études menées au Royaume-Uni, et Le Monde rappelle que cette maladie reste rare.

Une question reste néanmoins en suspend : la baisse du risque de cancer est-elle directement liée à la consommation de viande (qui accroît le risque de cancer) ou est-ce d'autres éléments spécifiques des régimes végétariens (qui le réduisent) ?

Les chercheurs mettent en garde sur une généralisation des résultats. « Les régimes et les apports nutritionnels des végétariens et des non-végétariens peuvent varier considérablement au sein des populations et entre elles. »

Références de l'article :

Le Monde, Certains cancers seraient moins fréquents chez les végétariens : prostate, sein, pancréas…

British Journal of Cancer, Vegetarian diets and cancer risk: pooled analysis of 1.8 million women and men in nine prospective studies on three continents