Vagues de chaleur : nous ne sommes pas les seuls à en souffrir ... selon une étude, 75% des espèces animales aussi !
Selon une étude scientifique récemment publiée, la vague de chaleur qui a frappé l'Amérique du Nord en 2021 a entraîné des effets écologiques « en cascade » désastreux, notamment à l'encontre des espèces animales.

De la mer au ciel, en passant par la terre, des milliers d'espèces animales ont souffert voire n'ont pas survécu à la vague de chaleur qui a frappé l'Amérique du Nord en 2021. Ce fut le cas de milliards de moules carbonisées, d'oisillons tombant de leurs nids surchauffés et principalement d'invertébrés marins sessiles (anémones, éponges, etc.), d'algues et de plantes.
75% d'espèces animales affectées par les canicules
Les vagues de chaleur comme celle qu'a connu l'Amérique du Nord en 2021, qui fut parmi les plus extrêmes jamais enregistrées à l'échelle mondiale, avec des températures dépassant parfois les 50°C, ont un effet « en cascade » désastreux sur les écosystèmes.
Pour évaluer l'impact de cette vague de chaleur, et mieux appréhender les suivantes, les chercheurs ont combiné des données météorologiques, écologiques et hydrologiques, ainsi que des informations sur les incendies de forêt et des modèles scientifiques. Car les vagues de chaleur se répètent chaque année et aux quatre coins du globe.
Vague de #chaleur exceptionnelle en France : des températures extrêmes attendues, pouvant atteindre 40 à 41 degrés
— Meteored | tameteo (@MeteoredFR) July 1, 2025
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Cette « vague de chaleur a eu des répercussions écologiques considérables, notamment une augmentation de près de 400% des feux de forêt et des conséquences négatives pour plus des trois quarts des espèces étudiées », précise Diane Srivastava, coautrice de l'étude et professeure au Centre de recherche sur la biodiversité de l'université de Colombie-Britannique.
L'impact sur les espèces animales est aussi considérable. Sur les 49 espèces terrestres et marines étudiées, plus de 75% ont été affectées négativement, avec des effets très variables. Certaines populations ont chuté de près de 99%, tandis que d'autres ont connu des augmentations allant jusqu'à 89%.
« La variabilité des effets repose sur des facteurs tels que la disponibilité d'un couvert végétal, la capacité intrinsèque d'une espèce à supporter la chaleur et son comportement, notamment sa capacité à se mettre à l'ombre », explique l'étude.
C'est le cas de plusieurs espèces marines : plus de la moitié de la population de bernacles (des petits crustacés) n'a pas survécu, comme 92% des moules. Certains canards marins ont chuté de 56% et les observations de caribous ont diminué de moitié. A l'inverse, la laitue de mer a prospéré car plus résistante à la chaleur que d'autres algues, elle a profité de leur mortalité et s'est multipliée.
Les chercheurs ont également constaté que les régions plus fraîches et plus humides absorbaient 30% de carbone de plus que d'habitude, tandis que les régions plus chaudes et plus arides en absorbaient 75% de moins. Pour Sean Michaletz, coauteur de l'étude, « cela remet en question l'idée reçue selon laquelle les vagues de chaleur sont uniformément néfastes pour la végétation. »
Références de l'article :
France Info & AFP, Jusqu'à 75% des espèces animales affectées par les vagues de chaleur, selon une étude scientifique
Nature ecology & evolution, Widespread ecological responses and cascading effects of the 2021 western North American heatwave