Météo "pourrie" : les chiffres fous de ce début mai humide en France ! Peut-on faire pire ?

C'est un retournement total de situation météo en France : après un mois d'avril particulièrement sec, ce début de mois de mai connaît des pluies abondantes, avec des cumuls parfois étonnants dans certaines régions. Cela peut-il durer tout le mois ?

"En avril, découvre-toi, puis en mai, ressors ton K-Way" : c'est le nouveau proverbe à la mode cette année en France côté météo, puisqu'après un mois d'avril extrêmement sec, ce début de mois de mai renoue avec une humidité parfois inédite. A-t-on déjà connu pareille situation dans le passé ? Quelles sont les perspectives pour la suite du mois de mai ?

En 4 jours, mai déjà plus arrosé qu'avril

Sur les 4 premiers jours de mai, selon les chiffres rassemblés par Météo-France, le cumul de précipitations agrégé à l'échelle nationale (c'est-à-dire la moyenne des précipitations enregistrées sur l'ensemble du territoire français) atteint 24,6mm. Cela dépasse déjà la valeur mensuelle d'avril, qui n'était que de 23,8 mm sur l'ensemble du mois.

En seulement quatre jours, les cumuls nationaux de pluie ont donc déjà dépassé ceux de l'intégralité du mois précédent, et la situation ne va pas s'arranger avec les averses orageuses annoncées ce week-end. Ce contraste entre avril et mai s'est d'ailleurs déjà accentué depuis hier, mardi 5 mai, au passage d'une perturbation particulièrement active sur le Nord-Ouest du pays.

Cette perturbation ondulante, associée à une goutte froide et à une dépression, a généré des pluies persistantes sur un large tiers Nord, et notamment sur le Nord des Pays-de-la-Loire. La ville de Blois, dans le Loir-et-Cher, avec 56mm de pluie reçus en 24h, n'avait jamais connu une journée aussi pluvieuse en mai, c'est donc un record !

Globalement, les départements des Côtes-d'Armor, d'Ille-et-Vilaine, de la Mayenne, de la Sarthe et le Sud de l'Eure-et-Loir ont reçu localement jusqu'à 70 à 80mm de pluie mardi, l'équivalent d'un peu plus d'un mois de pluie (en mai, le Nord-Ouest doit recevoir habituellement 60 à 70mm). Dans le Sud-Est, les villes de Montpellier, Nîmes, Salon-de-Provence et Montélimar ont aussi déjà dépassé leur normale climatologique mensuelle en termes de pluie, avec 60 à 100mm tombés.

Vers des inondations éclair ?

Nous ne sommes que le 6 mai, et clairement, notre climat récent nous a déjà montré que nous pouvions faire pire en termes de pluies abondantes : le mois de mai 2021 avait par exemple été très arrosé avec environ 110mm de pluie en moyenne nationale. Le mois de mai 2013 fut le plus arrosé du 21e siècle, avec environ 130mm de pluie en moyenne, des valeurs proches de celles connues en mai 1981, 1983 et 1984.

D'ici lundi soir, aucune région ne devrait être épargnée par les pluies, avec par endroits des cumuls dépassant les 50mm, notamment sous les orages.
D'ici lundi soir, aucune région ne devrait être épargnée par les pluies, avec par endroits des cumuls dépassant les 50mm, notamment sous les orages.

En mai 2013, l'excédent de pluie avait atteint 50%, et les pluies durables n'avaient épargné quasiment aucune région, entraînant des crues et des inondations notamment dans le Nord-Est, comme en mai 1983 d'ailleurs. Dans la mémoire collective, le festival de Cannes et les matchs de tennis à Roland-Garros ont aussi parfois connu des journées très humides, un peu plus tard dans le mois.

Profitez donc des journées plus calmes prévues ce jeudi et ce vendredi, bien que sur la façade atlantique, la situation se dégrade déjà vendredi après-midi avec le retour des averses et des orages. Dès ce week-end, une nouvelle goutte froide devrait nous influencer, avec la généralisation des orages à tout le territoire, cette fois dans la douceur et avec des cumuls de pluie parfois importants.

Il faudra d'ailleurs surveiller par endroits les risques d'inondations éclair : il s'agit d'une montée très rapide des eaux après de fortes pluies issues d'un violent orage. Les régions les plus concernées seront les vallées étroites, les zones montagneuses et les zones très urbanisées, notamment là où les sols sont déjà saturés et très imperméabilisés. Prenez votre mal en patience, aucune amélioration durable n'est en vue avant au moins la mi-mai !