Sécheresse : près de la moitié des petits cours d'eau sont à sec en France
Alors que la sécheresse persiste depuis le printemps, la situation hydrologique continue de se dégrader en France malgré l'arrivée de l'automne. Fin septembre, près de la moitié des petits cours d'eau étaient à sec, selon l'Office français de la biodiversité (OFB).

La sécheresse continue de s'accentuer en France depuis maintenant plusieurs mois et ce malgré l'arrivée de l'automne. Un manque d'eau qui n'est pas sans conséquences sur les cours d'eau du territoire métropolitain.
Une sécheresse qui s'accentue depuis le printemps
Après un hiver 2025-2026 particulièrement humide, marqué par un excédent de précipitations de 35 % à l’échelle nationale, la situation s'est inversée au printemps. Le printemps 2026 a en effet été marqué par un déficit pluviométrique important sur notre pays, avec des précipitations inférieures de 30 % aux normales saisonnières. Ce printemps figure ainsi parmi les dix moins arrosés depuis 1959.
Les mois de juin et juillet ont été particulièrement peu arrosés, affichant des déficits respectifs de 50 % et 70 %, tandis qu’août est également resté déficitaire. Cet été 2026 fut ainsi le deuxième été le plus sec depuis 1959, après l'été 1962. Cette absence durable de précipitations, combinée à une chaleur exceptionnelle (+3,6 °C par rapport aux normales), a fortement contribué à un assèchement historique des sols.
Les pluies sont restées très rares, voire totalement absentes sur la Côte d’Azur et une grande partie de la Corse, tandis que les températures sont restées anormalement élevées, avec une anomalie de +3,1 °C par rapport aux normales.

L’assèchement historique des sols observé durant l’été se prolonge de ce fait en ce début d’automne, avec des conditions anormalement sèches qui persistent sur la majeure partie du pays, à l’exception du pourtour méditerranéen, où des pluies plus abondantes ont fait leur retour depuis la fin septembre. Les ressources en eau souterraine affichent également des niveaux anormalement bas sur une grande partie du territoire, tandis que les cours d’eau restent fragilisés par ces longs mois de sécheresse.
La moitié des petits cours d'eau sont à sec
Selon l'Office français de la biodiversité (OFB), la situation des petits cours d'eau français se montrait très préoccupante à la fin du mois de septembre. En effet, près de la moitié (49,6%) d'entre eux étaient à sec, soit 1 594 tronçons initiaux de cours d'eau (partie la plus proche des sources) qui fournissent 55 à 70% de l'eau des rivières situées en aval.
Près de la moitié des petits cours deau observés (49.6%) sont en rupture découlement ou assec. Ampleur, précocité & persistance de ces phénomènes témoignent dune dégradation particulièrement élevée susceptible dentraîner des conséquences importantes sur écosystèmes aquatiques https://t.co/DOMW2Fokuj
— Mystere Météo (@MystereMeteo) October 14, 2026
Si la quasi-totalité des régions françaises sont concernées par cet assèchement des petits cours d'eau, c'est notamment de l'ouest au nord-est, sur un axe allant de la Vendée à la région Grand Est que les situations les plus critiques ont été constatées à la fin du mois de septembre. Dans le même temps, une aggravation notable est observée entre l'Occitanie et la région Auvergne-Rhône-Alpes ces dernières semaines avec la persistance du temps sec.
Selon un responsable de l'OFB, la situation actuelle est la plus grave observée depuis 2012. C'est surtout sa durée qui inquiète, certains secteurs étant concernés depuis plus de quatre mois, une durée inédite depuis le début du suivi.
Cette sécheresse a des conséquences importantes sur les écosystèmes aquatiques. La baisse des débits et la hausse de la température des cours d'eau fragilisent en effet les espèces, avec des risques de mortalité accrue, mais aussi des perturbations de la reproduction et des déplacements de la faune aquatique. La persistance de ces conditions depuis maintenant plusieurs mois accentue ainsi la pression exercée sur des milieux naturels déjà fortement fragilisés.
Si le retour des pluies constitue un espoir pour les milieux naturels, il ne suffira vraisemblablement pas à effacer rapidement les conséquences de cette sécheresse. Début octobre, environ deux tiers des nappes phréatiques restaient sous les niveaux habituels pour la saison.
Des pluies abondantes et régulières au cours de l’automne et de l’hiver seront donc indispensables pour permettre aux sols, aux cours d’eau et aux nappes de se reconstituer. Selon l’OFB, les conséquences de cette sécheresse exceptionnelle pourraient toutefois se faire ressentir durant encore plusieurs années.
Référence de l'article
FranceInfo & AFP. (2026). "La situation la plus grave constatée depuis 2012" : la sécheresse ne s'améliore pas et la moitié des petits cours d'eau est à sec.