Première "Cop Océans" en 2027 : un grand pas pour la protection des milieux marins ?
La première COP Océans permettra de grandes avancées dans la conservation de nos océans et notamment la création de zones protégées en haute mer, un secteur qui était jusque là largement laissé pour compte.

Du 11 au 22 janvier 2027 se tiendra la première COP Océans des États ayant ratifié le traité historique pour protéger la haute mer, une réunion qui abordera de nombreux sujets liés à la conservation de nos océans.
Une bonne nouvelle pour la haute mer !
La haute mer (ou eaux internationales), est longtemps restée sans protection spécifique, simplement car celle-ci ne relevait d'aucune juridiction nationale. La haute mer commence en effet là où s'arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE) des États, à un maximum de 370 kilomètres des côtes et n'est sous la juridiction d'aucun État. Malgré tout, celle-ci concentre une biodiversité essentielle qui est de plus en plus menacée par l'activité humaine et l'évolution rapide du climat.
Ainsi, après de très longues négociations entamées dès 2004, un coup d'accélérateur a été donné pour faire évoluer ce manque de juridiction durant la COP 15. Les 193 États membres de l'ONU ont en effet adopté en juin 2023 le premier traité international de protection de la haute mer. C'est ensuite le 23 septembre 2025 que l'accord a été ratifié par plus de 60 pays, avant que celui-ci n'entre en vigueur en début d'année 2026.
La France a définitivement ratifié laccord des Nations unies sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ).
— Agnès Pannier-Runacher (@AgnesRunacher) February 6, 2025
Objectif : protéger la biodiversité en haute mer en encadrant mieux la pêche, en luttant contre les pollutions et en préservant pic.twitter.com/ej0pNHoH0e
La première réunion formelle des États ayant ratifié ce traité historique, nommée la « COP Océans », aura finalement lieu du 11 au 22 janvier 2027, vraisemblablement au siège de l'ONU à New York comme l'a proposé la commission préparatoire à la mise en œuvre de ce traité.
Même si le texte du traité a donc été accepté, il est maintenant nécessaire de le transformer en « quelque chose qui peut permettre des changements dans l'eau » a indiqué Rebecca Hubbard, directrice de l'Alliance pour la haute mer , une coalition d'ONG. Cette première COP Océans devrait ainsi permettre cette transformation.
De nombreuses aires marines à protéger
La haute mer représente près de la moitié de notre planète mais également environ 60% des océans. Or, seulement 1% de celle-ci fait de nos jours l'objet de mesures de conservations alors même que la science a démontré maintes et maintes fois l'importance de protéger l'entièreté de nos écosystèmes marins, tant ceux-ci sont importants pour la biodiversité mondiale mais aussi pour l'Homme.
Il est donc aujourd'hui primordial que de nouvelles aires marines protégées soient instaurées en haute mer, de façon similaire à ce qui a déjà été mis en place pour les littoraux de nombreuses régions du monde. La COP Océans devrait ainsi permettre la mise en place de ces aires marines protégées, l'un des outils clé du premier traité international de protection de la haute mer.
Du 14 au 25 avril, les gouvernements se réunissent à lONU pour façonner la toute première COP sur lOcéan dans le cadre du #TraitéDesHautesMers.
— Greenpeace Afrique (@GreenpeaceAfrik) April 14, 2025
Ce traité est notre chance de protéger 30 % de nos océans dici 2030 et assurer les moyens de subsistance des communautés côtières. pic.twitter.com/sZgUYifASR
Une décision qui ne devrait d'ailleurs pas être au goût de tout le monde, notamment de l'industrie de la pêche qui est déjà accusée de faire pression pour mettre en place des procédures retardant la création de ces zones protégées. Comme le souligne Greenpeace « L'océan nous appartient à tous, mais aujourd'hui, il est pris au piège dans les filets et les hameçons de l'industrie de la pêche ».
Néanmoins, la première COP Océans marquera un grand pas en avant dans la protection de nos milieux marins, celle-ci prenant enfin en compte la nécessité de protection de la haute mer, qui représente tout de même la majorité de nos océans. Une très bonne nouvelle donc pour la biodiversité marine, mais aussi plus généralement pour la planète.
Référence de l'article :
Première "COP Océans" en 2027: les Nations Unies franchissent un nouveau cap pour la protection des océans, Geo et AFP, 07/04/2026