Pourquoi le Japon a-t-il fait fermer certaines écoles ?

Des habitants confinés et priés de rester portes et fenêtres fermées, 94 établissements scolaires fermés, que se passe-t-il dans cette ville japonaise ?

Des panneaux sont mis en place pour signaler la présence d'ours.
Des panneaux sont mis en place pour signaler la présence d'ours.

Une ville japonaise de plus de 500 000 habitants a pris une mesure exceptionnelle début juin : fermer l’ensemble de ses écoles primaires et collèges publics à cause de la présence d’un ours en liberté. L’événement, qui peut sembler insolite, illustre en réalité un phénomène de fond qui préoccupe de plus en plus les autorités japonaises : la multiplication des rencontres entre humains et ours.

Un ours sème la terreur…

Lundi 8 juin, la municipalité d’Utsunomiya, située à environ 100 kilomètres au nord de Tokyo, a suspendu les cours dans ses 94 établissements scolaires après plusieurs signalements d’un ours noir d’Asie aperçu à proximité de zones résidentielles, de parcs, d’écoles et même du centre-ville. Les autorités ont également demandé aux habitants de rester vigilants, de garder portes et fenêtres fermées et d’éviter tout contact avec l’animal.

L’ours, estimé à environ 1m de long, a été observé pour la première fois le samedi 6 juin. Des caméras de surveillance l’ont ensuite filmé à plusieurs reprises dans différents quartiers de la ville. Malgré les recherches menées par des chasseurs, des policiers et des agents municipaux, l’animal est resté introuvable pendant plusieurs jours.

Habitants confinés et écoles fermées

Cette fermeture massive d’écoles est d’autant plus remarquable qu’il s’agirait de la première apparition connue d’un ours dans cette ville japonaise. Face à l’incertitude et au risque pour les enfants lors des trajets scolaires, les autorités ont préféré appliquer le principe de précaution.

Un ours brun d'Asie tente de traverser une ville au Japon.
Un ours brun d'Asie tente de traverser une ville au Japon.


Mais cet épisode ne constitue pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, le Japon fait face à une augmentation des incursions d’ours dans les zones habitées. Selon les médias japonais et les autorités, plus de 50 000 signalements d’ours ont déjà été enregistrés en 2026, principalement dans le nord-est du pays.

Déjà plusieurs attaques…

Les animaux sont observés de plus en plus fréquemment à proximité des habitations, des exploitations agricoles et même des centres urbains. Quelques jours avant l’affaire d’Utsunomiya, un ours avait déjà blessé 4 personnes dans la ville de Fukushima. L’animal était entré dans une zone industrielle avant d’attaquer plusieurs travailleurs.

Des écoles locales avaient également été contraintes de renforcer leurs mesures de sécurité. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Les spécialistes pointent notamment les effets du changement climatique sur les ressources alimentaires naturelles des ours.

Encore la faute du changement climatique !

La diminution de certaines récoltes de glands et de faînes, qui constituent une part importante de leur alimentation, pousse les animaux à rechercher de la nourriture à proximité des activités humaines.

Un ours brun d'Asie se baladant dans les rues d'une ville japonaise.
Un ours brun d'Asie se baladant dans les rues d'une ville japonaise.

Parallèlement, le Japon connaît une forte dépopulation de nombreuses zones rurales. L’abandon progressif de terres agricoles et la diminution du nombre de chasseurs créent des conditions favorables à l’expansion des ours vers de nouveaux territoires.

La population d’ours noirs d’Asie au Japon aurait d’ailleurs fortement augmenté au cours de la dernière décennie, notamment grâce à une baisse de la pression de chasse. Les conséquences deviennent visibles.

Au cours de l’exercice 2025, le pays a enregistré un nombre record de victimes liées aux attaques d’ours, avec plus de 230 blessés et une dizaine de décès. Face à cette situation, le gouvernement japonais a mis en place plusieurs dispositifs destinés à réduire les risques et à mieux gérer les conflits entre humains et faune sauvage.

L’histoire de l’ours d’Utsunomiya rappelle ainsi que les interactions entre l’être humain et la biodiversité évoluent rapidement. Derrière cette fermeture spectaculaire d’écoles se cache une question plus large : comment cohabiter avec une faune sauvage qui, sous l’effet des changements environnementaux et démographiques, se rapproche de plus en plus des espaces occupés par l’homme ?

Références de l'article :

AFP avec Libération, (08/06/2026), Panique : Des Japonais aperçoivent des ours, une centaine d’écoles fermées dans la foulée

M. Ch., LeParisien, (08/06/2026), Un ours sème la terreur au Japon : 500 000 habitants confinés et toutes les écoles fermées

Reuters, (08/06/2026), Japanese city suspends 94 schools after first-ever bear sighting