Incendies en France : voici pourquoi les feux deviennent plus difficiles à traiter la nuit

Jusqu'à aujourd'hui, il était en général plus aisé de traiter les incendies durant les heures nocturnes, cette période offrant des conditions plus favorables à leur extinction. Néanmoins, ce phénomène n'est pas perceptible cette année selon les pompiers français.

La lutte contre les incendies la nuit est particulièrement périlleuse pour les soldats du feu
La lutte contre les incendies la nuit est particulièrement périlleuse pour les soldats du feu

Alors que les incendies de grande ampleur se succèdent depuis plusieurs semaines sur notre pays, les pompiers constatent que les nuits n'offrent le plus souvent plus de conditions favorables à leur extinction.

Plus de répit la nuit

Avec le temps très sec de ces derniers mois et la succession de périodes caniculaires intenses depuis la fin du mois de mai, les conditions sont devenues très favorables au déclenchement et à la propagation des incendies en ce mois de juillet 2026.

Cette semaine a d'ailleurs été marquée par plusieurs feux majeurs ayant brûlé plusieurs dizaines de milliers d'hectares de végétations mais ayant aussi impacté des zones habitées, comme ce fut le cas aux Arcs et à Cotignac dans le Var ainsi que autour du bassin d'Arcachon et du côté de Biscarosse.

En luttant contre ces nombreux feux, les pompiers français ont néanmoins fait un constat assez alarmant. Comme l'exprime Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) : "Avant, les nuits étaient favorables pour l’évolution des phases d’extinction du sinistre, parce qu’on savait que c’était là qu’on pouvait gagner du terrain".

En effet, les nuits plus humides et plus froides ou fraîches, même durant l'été, offraient des conditions plus propices à l'extinction ou du moins au traitement intensif des feux, ce qui permettait, malgré l'absence de moyens aériens, d'impacter fortement les foyers durant les heures nocturnes.

Les pompiers français ont néanmoins un constat assez alarmant. Cette année, avec les effets des canicules et de la sécheresse, les nuits restent anormalement douces et même chaudes avec des amplitudes hygrométriques extrêmement basses. De ce fait, les conditions restent le plus souvent favorables à la propagation des feux même en pleine nuit.

Un travail difficile

Ce phénomène n'est néanmoins pas inédit selon les pompiers, il devient simplement de plus en plus récurrent ces dernières années et quasiment systématique en 2026.

Celui-ci avait d'ailleurs déjà été étudié par des chercheurs canadiens. Leur étude avait démontré que les conditions de sécheresse favorisent les incendies nocturnes avec un réchauffement climatique affaiblissant la barrière climatologique contre les feux de nuit.

Selon les chercheurs, le réchauffement climatique perturbe le cycle diurne des feux et rend leur appréhension et leur traitement de plus en plus difficile. Les pompiers français ont d'ailleurs de grandes difficultés à s'adapter à ce changement de cycle, d'autant plus que la nuit est un moment particulièrement dangereux.

Les pompiers sont en effet privés de moyens aériens la nuit. Même en utilisant des drones en compensation, cela ne les empêche pas de redoubler de prudence afin d'éviter les risques d'accident, ce qui demande plus d'attention et de vigilance. Des éléments qui rendent la lutte contre les incendies de plus en plus délicate et dangereuse, le tout alors que les pompiers français déplorent également un manque cruel de moyens.

Référence de l'article

Manon Minaca. (2026). Incendies : « C’était là qu’on pouvait gagner du terrain »… Pourquoi la nuit n’offre plus de répit aux pompiers.