Pourquoi la pollution lumineuse diminue en France mais augmente dans le reste du monde ?

Si la France est devenue une référence en terme de diminution de la pollution lumineuse, le constat est loin d'être similaire à l'échelle de la planète.

La pollution lumineuse a baissé entre 2014 et 2022 à l'échelle de l'Europe et notamment du côté de la France
La pollution lumineuse a baissé entre 2014 et 2022 à l'échelle de l'Europe et notamment du côté de la France

La France a enregistré une baisse notable de la pollution lumineuse sur son territoire grâce à sa politique de diminution de l'éclairage public. Néanmoins, cette baisse est loin d'être représentative du reste du globe.

La France montre l'exemple

D'après une étude publiée le 8 avril dernier dans la fameuse revue « Nature », la France est une véritable pionnière en matière de diminution de la pollution lumineuse. D'après l'analyse de quelques 1,16 million de clichés capturés par des satellites de la Nasa, la pollution lumineuse a nettement baissé entre 2014 et 2022 sur notre pays.

En effet, celle-ci aurait diminué de 33% durant cette période selon les chercheurs en charge de l'étude citée précédemment, un pourcentage qui se situe largement au-dessus de la moyenne européenne, qui enregistre quant à elle une baisse d'environ 4% sur la même période.

Cette baisse notable du côté de l'hexagone est néanmoins explicable. En effet, les politiques d'extinction de l'éclairage nocturne se sont nettement étendues ces dernières années, qu'elles soient orientées vers les économies ou la préservation de l'environnement.

Ainsi, sur les 19 262 communes analysées via les images satellites de la Nasa, 62% pratiquaient une extinction totale au cœur de la nuit, un chiffre très important montrant bien la dynamique actuelle. Sur l'ensemble de la France (environ 34 900 communes), l'extinction totale durant une partie de la nuit concernait l'année dernière environ 35% des communes, soit plus d'une commune française sur trois.

Une dynamique bien différente sur le reste du globe

Si la France et dans une moindre mesure le continent européen montrent ainsi l'exemple en terme de diminution de la pollution lumineuse, le constant est malheureusement bien différent sur le reste du globe. En effet, selon l'étude en question, la pollution lumineuse a augmenté en moyenne de 16% à l'échelle de la planète entre 2014 et 2022.

Dans le détail, les disparités sont assez importantes en fonction des régions. En effet, l'Asie et l'Afrique sont les continents où la pollution lumineuse a le plus augmenté durant cette période, de respectivement +38 et +21%, un constat qui s'explique notamment par le fait que ces régions du monde sont celles où la croissance est la plus importante, principalement dans les grandes villes.

En Europe, l'utilisation massive d'ampoules LED permet également d'expliquer les bons résultats, notamment car celles-ci permettent de réduire la consommation énergétique tout en régulant l'intensité en fonction de la journée et du passage. En revanche, la lumière bleue des LED n'est pas sans conséquence sur la biodiversité, c'est pourquoi des LED aux couleurs plus « chaudes » sont aujourd'hui privilégiées, même si celles-ci sont plus onéreuses.

Également, même si la France semble clairement montrer l'exemple, on note tout de même une augmentation des communes souhaitant rallumer leur éclairage durant la nuit, comme à Bordeaux où l'ensemble des rues ont été rallumées tout au long de la nuit. Cette tendance au rallumage pourrait être liée à l'association entre manque d'éclairage et insécurité par les habitants, même si aucun consensus n'a été pour le moment trouvé sur le lien entre les deux d'après les études réalisées sur le sujet.

Dans tous les cas, cette tendance au rallumage pourrait s'avérer problématique si celle-ci se poursuit et s'étend. L'éclairage nocturne a en effet des effets non négligeables sur la biodiversité (perturbations importantes des cycles naturels de nombreuses espèces), sur la santé humaine (perturbations de l'horloge biologique, des cycles hormonaux, etc,...) mais aussi plus simplement sur la consommation globale d'énergie, ce qui est loin d'être négligeable en ces temps de crise énergétique globale.

Référence de l'article :

Pollution lumineuse : pourquoi diminue-t-elle en France alors qu’elle augmente dans le monde ?, Sud Ouest, 22/04/2026