Mortalité des dauphins : la hausse des captures liée au changement climatique selon une étude scientifique
Chaque année, les dauphins meurent par milliers dans le Golfe de Gascogne, un chiffre qui ne cesse de croitre. En cause, les filets de pêche qui capturent le cétacé venu se nourrir pr��s des zones de pêche, poussé, selon une étude scientifique, par un manque de nourriture, résultat du changement climatique.

L'IFREMER, le CNRS et le centre Pelagis de La Rochelle travaillent depuis trois ans sur le projet Delmoges afin de percer les causes des captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, des eaux qui s’étendent de la Bretagne à la côte espagnole.
Leur conclusion ? Le réchauffement des eaux concentre les proies des dauphins près des côtes et attire ces derniers dans les zones de pêche hivernales, augmentant ainsi leur vulnérabilité.
En 2024, environ 5000 dauphins mourraient dans les filets
La chaîne alimentaire sous-marine s'est modifiée avec le réchauffement climatique : le plancton s'est rapproché de notre littoral, les sardines et les anchois ont suivi le mouvement et les dauphins, qui mangent ses petits poissons, ont fait de même. Ce rapprochement des côtes a par conséquent augmenté les contacts entre les cétacés et les engins de pêche.
En 2024, on comptait environ 5000 dauphins capturés chaque année. Pour lutter contre cette hécatombe, les autorités françaises et européennes ont décidé cette même année d'interdire temporairement certains navires à risque pour les petits cétacés. Parmi eux, le chalut pélagique qui traine derrière lui un filet conique entre la surface et le fond de l’océan, laissant peu de chance aux espèces marines d'y échapper.
#Communiqué ️ Un projet interdisciplinaire a étudié pour la 1ère fois les mécanismes à lorigine des captures accidentelles de dauphins communs dans le golfe de Gascogne afin de proposer des pistes de solutions pour concilier pêche et protection.
— CNRS (@CNRS) January 6, 2026
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Cette interdiction a permis, selon les scientifiques, de réduire les captures accidentelles de dauphins d'environ 60 %, l'équivalent de plusieurs milliers de dauphins communs épargnés (1500 cétacés retrouvés morts l'an passé contre les 5000 en moyenne avant 2024.)
L'interdiction, reconduite en 2025, le sera a nouveau cette année, du 22 janvier au 20 février 2026. Bien qu'efficace temporairement, la solution ne fait pas que des adeptes. « Cette mesure, efficace à court terme mais coûteuse sur le plan économique et social, appelle à discuter et évaluer des options alternatives », précisent les auteurs du projet Delmoges.
Quelles autres solutions ?
Durant l'enquête, de nouvelles propositions ont émergé. Grâce à la cartographie des dauphins, il serait possible de resserrer les zones d'interdiction, proposer des fermetures ciblées de zones de pêche, en fonction des cycles biologiques de certaines espèces, ajuster les quotas, et ainsi éviter que les chalutiers soient bloqués un mois complet au port.