Les tremblements de terre au Venezuela ont déplacé le sol vers l'est et vers l'ouest sur la côte nord du pays

Les données radar du satellite NISAR montrent que La Guaira et les zones voisines ont subi un important déplacement du sol à la suite des séismes de juin 2026 au Venezuela.

Le déplacement du sol a été particulièrement marqué à proximité de Caracas et de La Guaira, au Venezuela, après les séismes qui ont frappé la région le 24 juin 2026. Cette carte a été réalisée à partir des données du satellite NISAR (radar à synthèse d'ouverture développé par la NASA et l'ISRO), acquises les 25 et 30 juin (après les séismes) ainsi que les 13 et 18 juin (avant les séismes). Source : NASA / Lauren Dauphin.
Le déplacement du sol a été particulièrement marqué à proximité de Caracas et de La Guaira, au Venezuela, après les séismes qui ont frappé la région le 24 juin 2026. Cette carte a été réalisée à partir des données du satellite NISAR (radar à synthèse d'ouverture développé par la NASA et l'ISRO), acquises les 25 et 30 juin (après les séismes) ainsi que les 13 et 18 juin (avant les séismes). Source : NASA / Lauren Dauphin.

La carte satellite de la côte nord du Venezuela montre en rouge les zones où le sol s'est déplacé vers l'est et en bleu celles où il s'est déplacé vers l'ouest. Une fine ligne blanche indique l'endroit où la faille s'est rompue en profondeur.

Des déplacements du sol spectaculaires après les séismes de juin 2026

Le 24 juin 2026, un séisme de magnitude 7,2 a frappé le nord du Venezuela, suivi moins d'une minute plus tard par un second séisme de magnitude 7,5. Ensemble, ces deux événements ont provoqué d'importants dégâts matériels et de nombreuses pertes humaines dans toute la région. Dans les jours qui ont suivi, les cartes satellitaires des déplacements du sol ont permis de visualiser les mouvements de la surface terrestre et de mieux comprendre les forces à l'origine des destructions particulièrement sévères à La Guaira et dans d'autres villes côtières de l'État de La Guaira.

La carte ci-dessus a été réalisée à partir des données du satellite NISAR (NASA-ISRO Synthetic Aperture Radar) et traitée par l'équipe scientifique de NISAR au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA. Les chercheurs ont utilisé une technique appelée InSAR, qui compare des observations répétées afin de détecter de très faibles variations de distance entre le satellite et la surface terrestre. Les images acquises les 25 et 30 juin, après les séismes, ont été comparées à celles des 13 et 18 juin, enregistrées avant les événements.

Le satellite NISAR observe la Terre sous un angle d'environ 40° par rapport à la verticale, ce qui lui permet de mesurer simultanément les déplacements horizontaux et verticaux. Sur cette carte, les zones rouges correspondent à un déplacement du sol vers l'est et vers le haut, tandis que les zones bleues indiquent un déplacement vers l'ouest et vers le bas. Toutefois, comme le séisme s'est produit sur une faille décrochante, la majeure partie des déplacements observés est horizontale, d'est en ouest.

Les zones blanches correspondent à des déplacements très faibles, voire inexistants. Une fine bande blanche, visible près de Morón au centre-gauche de l'image, marque approximativement l'endroit où la faille s'est rompue en profondeur. Cette faille appartient au réseau de fractures qui longe la limite entre la plaque des Caraïbes, au nord, et la plaque sud-américaine, au sud. Selon les scientifiques, les failles situées le long de cette frontière tectonique, notamment le système de failles de San Sebastián — où ces séismes se seraient probablement produits, avec une possible implication du système de Boconó — accumulaient des contraintes depuis longtemps.

Pourquoi les dégâts ont-ils été aussi importants ?

La rupture de la faille s'est propagée en mer vers l'est avant de revenir sous les terres à proximité de l'aéroport international situé au nord de Caracas. Cette zone correspond à la fine bande blanche visible entre les secteurs où le terrain s'est déplacé vers l'ouest et ceux où il s'est déplacé vers l'est. Juste au sud de cette portion de la faille, la couleur bleu foncé montre que le déplacement de la surface vers l'ouest a été beaucoup plus important qu'ailleurs, atteignant jusqu'à 60 centimètres.

« C'est l'une des principales raisons pour lesquelles les dégâts ont été si importants à Caracas et à La Guaira », explique Eric Fielding, géophysicien au JPL et auteur de ces cartes. « La technologie InSAR nous apporte de précieuses informations sur le déroulement de ce séisme. »

Des informations essentielles

Grâce aux données de NISAR, le Service géologique des États-Unis (USGS) a pu affiner son modèle de glissement de faille, appelé « modèle de faille finie », afin de mieux reconstituer le mouvement de la faille en profondeur, notamment sur sa partie orientale. « Ces informations sont essentielles pour comprendre pourquoi les dégâts ont été aussi importants dans cette région », ajoute Eric Fielding.

Les cartes de déplacement produites pour cet événement ont été diffusées dans le cadre du système de Réponse d'urgence (Urgent Response, UR) de NISAR, un dispositif accéléré permettant de fournir des données entre 12 et 24 heures après une catastrophe afin d'aider les services de secours. Ce traitement rapide s'appuie sur des données orbitales prévisionnelles ; les cartes sont donc considérées comme préliminaires jusqu'à leur retraitement avec des informations orbitales précises, généralement un ou deux jours plus tard. Il s'agit de la première utilisation du système UR de NISAR pour cartographier les déplacements de la surface terrestre à la suite d'un séisme majeur.

Carte du NASA Earth Observatory, réalisée par Lauren Dauphin à partir de données fournies par Eric Fielding et traitées par l'équipe scientifique de NISAR au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA. Article de Kathryn Hansen.