Le chauffage au bois : une source majeure de pollution en France ?

Selon l'Anses, le chauffage au bois serait une des principales sources de pollution atmosphérique en France, notamment durant la période hivernale où il est utilisé par de nombreux ménages.

Le chauffage au bois a contribué à 77% du niveau de concentration en particules organiques dans l'atmosphère entre décembre 2020 et février 2021 en France !
Le chauffage au bois a contribué à 77% du niveau de concentration en particules organiques dans l'atmosphère entre décembre 2020 et février 2021 en France !

D'après un récent rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, le chauffage au bois contribue fortement à la pollution atmosphérique en France, bien que des disparités sont présentes en fonction des régions.

Des millions de foyers concernés

En France, des millions de personnes utilisent encore le bois pour se chauffer. On estime en effet que ce moyen de réchauffer son domicile est utilisé par environ 7,5 millions de ménages, ce qui est loin d'être une bonne nouvelle en terme de qualité de l'air.

En effet, s'il constitue une source d'énergie renouvelable encore largement répandue, le chauffage domestique au bois constitue de également une source majeure de pollution de l'air, notamment durant la période hivernale et dans les zones densément peuplées selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

D'après une étude réalisée par l'Anses dans le cadre d'un plan de réduction des émissions du chauffage au bois lancé en 2021 par le ministère de la Transition Écologique, la contribution du chauffage au bois a été estimée, entre décembre 2020 et février 2021, en moyenne à 77% du niveau de concentration atmosphérique en particules organiques, à 72% pour le carbone suie et à 40% pour les particules fines (PM 2,5).

Toujours selon l'Anses, la pollution issue du chauffage domestique au bois est de plus associée à des effets notables sur la santé respiratoire, ORL et cardiovasculaire. Les effets sanitaires sont d'autant plus importants sur les personnes sensibles, notamment celles atteintes de maladies cardiaques ou respiratoires, les personnes âgées 65 ans et plus) et les enfants.

Des disparités en fonction des régions

Selon l'étude en question, la contribution du chauffage au bois à la pollution atmosphérique est plus importante sur le sud et l'est de la France, notamment dans les secteurs les plus froids du pays, où la dispersion des polluants peut être plus limitée par la topographie et par les phénomènes d'inversions thermique (vallées, bassins, etc,..).

Cette pollution est aussi logiquement plus importante dans les grandes agglomérations où la densité de population est importante. C'est notamment le cas du côté de l'Île-de-France et de Paris où, secteur où le chauffage au bois d’appoint et d’agrément occupe une place prépondérante dans la pollution de l’air extérieur.

Il est donc important d'agir pour réduire les polluants émis par le chauffage au bois. Selon l'Anses, de nombreux facteurs influencent les niveaux démissions et les concentration de polluants, comme le type d'appareil utilisé, les conditions d'utilisation ou les combustibles utilisés.

Par exemple, les foyers ouverts et appareils anciens sont les plus émetteurs en polluants, notamment lorsque le bois utilisé est trop humide ou alors bien trop sec.

Afin d'atteindre les objectifs du ministère de la Transition écologique d'ici 2030, l'Anses préconise de poursuivre et de renforcer les actions de soutien au renouvellement du parc d'appareils, pour la plupart bien trop anciens. Il est également nécessaire de renforcer la sensibilisation et l'information des usagers aux bonnes pratiques et au contrôle de leur matériel, afin que celui-ci puisse fonctionner de manière optimale et ainsi émettre le moins de polluants possibles.

L'Agence a également souligné le fait que, même si le bois constitue une source importante de pollution atmosphérique, l'amélioration durable de la qualité de l'air doit aussi passer par des actions sur l'ensemble des sources d'émissions maîtrisables, à savoir le trafic routier, l'agriculture, la combustion de biomasse mais également celle de produits pétroliers ou de charbon.

Référence de l'article :

Le chauffage au bois, utilisé par des millions de foyers, est "une source majeure" de pollution de l'air, alerte l'Anses, FranceInfo et AFP, 10/04/2026