Incroyable : des scientifiques ont fait tomber la pluie grâce à des drones en Alaska
Une entreprise américaine affirme avoir généré des précipitations supplémentaires en Alaska grâce à seulement deux drones chargés d’iodure d’argent. Une expérience prometteuse qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre les sécheresses.

Une entreprise américaine nommée Rainmaker a réussi à créer des précipitations « artificielles » en Alaska en utilisant seulement deux drones. Une avancée technologique qui pourrait être utilisée dans la gestion des sécheresses à travers le monde à l'avenir.
Ensemencer les nuages ?
L’ensemencement des nuages n’est pas une technologie récente. Bien au contraire, puisque son idée remonte à la fin du XIXe siècle. Malgré tout, les premières expériences scientifiques dans ce domaine datent de 1946 aux États-Unis, lorsque des chercheurs découvrent que certaines substances, comme la glace carbonique puis l’iodure d’argent, peuvent favoriser la formation de cristaux de glace dans les nuages.
Depuis, l’ensemencement est principalement utilisé à des fins civiles, notamment pour favoriser la pluie ou la neige dans les régions confrontées au manque d’eau. Aujourd’hui, les progrès technologiques permettent de cibler davantage les nuages les plus susceptibles de réagir aux substances utilisées. Car oui, l’ensemencement nécessite déjà des nuages présentant des conditions favorables et vise surtout à amplifier des précipitations qui auraient pu se produire naturellement.
C'est dans cette dynamique que la récente entreprise californienne Rainmaker a mené des expériences d'ensemencement des nuages avec de l'iodure d'argent du côté de l'Alaska à la fin du mois d'août dernier. Une région qui n'a pas été choisie au hasard puisque les températures estivales ont l’avantage d’y être suffisamment froides, idéales pour tester le dispositif.
Seulement deux drones pour des milliers de mètres cubes d'eau
Dans un récent communiqué, Rainmaker a annoncé avoir réussi à stimuler plusieurs nuages sur la région de Kenai en Alaska en utilisant seulement deux drones. L'entreprise a expliqué avoir tout dispersé de l'iodure d'argent dans le ciel de la région entre les 22 et 23 août dernier et obtenu des résultats particulièrement prometteurs.
Results from Rainmaker's Alaska Research Campaign
— Rainmaker Technology Corporation (@RainmakerCorp) August 25, 2026
Today, were excited to share initial results from Rainmaker's Alaska R+D campaign: 19 million gallons of net-new water generated in just three hours.https://t.co/67GZy0CN8L
Comme évoqué précédemment, l'iodure d'argent a agit comme noyau de congélation pour les gouttes d'eau surfondue en suspension dans les nuages froids. Ceci a permis de les transformer en gros flocons qui, en tombant vers des altitudes plus chaudes sous leur propre poids, ont fondu pour devenir de la pluie.
Rainmaker estime avoir généré environ 70 000 m³ de précipitations supplémentaires en seulement trois heures d'opérations, l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 150 foyers.
Afin d'obtenir un chiffre précis, les ingénieurs se sont appuyés sur un système de validation par radars de précipitations afin d'analyser les résultats de l'expérience en temps réel et surtout d'y détecter des « signatures d'ensemencement », des motifs radars spécifiques se formant dans le sillage des drones utilisés.
La méthode employée permet ainsi d’obtenir une estimation particulièrement précise de l’impact de l’ensemencement, même si une marge d’incertitude demeure inévitable dans ce type de mesure et doit être prise en compte.
Cette expérience grandeur nature constitue donc un résultat particulièrement encourageant pour l’ensemencement des nuages, qui pourrait se montrer efficace lorsque les conditions sont réunies. Si l’objectif final de l’entreprise est de lutter contre les sécheresses touchant l’Ouest américain, notamment autour des montagnes Rocheuses, cette technologie pourrait également être utilisée dans d’autres régions du monde de plus en plus confrontées à des épisodes de sécheresse intense en lien avec le réchauffement climatique.
Référence de l'article
Alexandre Scotti. (2026). Des drones pour faire pleuvoir davantage ? C’est un succès avec 70 000 m³ d’eau en Alaska.