El Niño se renforce et pourrait atteindre une intensité exceptionnelle : des phénomènes extrêmes redoutés jusqu'en 2027
El Niño continuera de se renforcer au cours des prochains mois et pourrait atteindre une très forte intensité vers la fin de l’année. L’OMM alerte sur d’importantes modifications des régimes de précipitations et des températures, ainsi que sur un risque accru de phénomènes extrêmes.

Le phénomène El Niño est désormais bien installé et tout indique qu’il pourrait encore s’intensifier. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient d’actualiser son diagnostic et prévoit que cet épisode pourrait atteindre une très forte intensité au cours des prochains mois, avec des effets sur les températures et les précipitations susceptibles de se prolonger jusqu’au début de l’année 2027.
Selon l’OMM, il s’agit de l’une des prévisions les plus catégoriques publiées jusqu’à présent, confortée par la forte convergence des différents modèles et systèmes de prévision.
Un Pacifique tropical de plus en plus chaud
L’évolution de l’océan explique en grande partie ces perspectives. Les eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental — précisément la région où se développe le signal caractéristique d’El Niño — affichent des températures très supérieures aux normales et continuent de se réchauffer.
L’indice Niño 3.4, l’un des principaux indicateurs utilisés pour suivre l’évolution du phénomène, a enregistré une anomalie moyenne de +1,5 °C entre mai et juillet et atteint environ +2 °C en juillet. Mais le réchauffement ne s’est pas arrêté là.

Au cours des semaines suivantes, les valeurs hebdomadaires ont grimpé pour atteindre entre +2,2 et +2,6 °C, un signal confirmant que le phénomène continue de gagner en intensité. Autre donnée encore plus remarquable : en juillet et au début du mois d’août, certaines zones situées sous la surface de l’océan ont affiché des températures supérieures de plus de 8 °C aux normales.
Cette immense réserve de chaleur sous la surface de l’océan contribue à maintenir le réchauffement des eaux superficielles et constitue l’un des principaux arguments étayant les prévisions d’un renforcement continu d’El Niño.
Une planète davantage exposée aux phénomènes météorologiques extrêmes
Un épisode El Niño de très forte intensité ne signifie pas que tous les pays connaîtront les mêmes conditions. La réponse de l’atmosphère dépend en effet de la région, de la période de l’année et de l’interaction avec d’autres régimes climatiques.
Un phénomène d’une telle ampleur peut néanmoins modifier sensiblement la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire et bouleverser les régimes habituels de températures et de précipitations. L’OMM avertit que cela pourrait se traduire par une augmentation des risques d’inondations, de sécheresses et de chaleur extrême dans différentes régions du monde.
️ El Niño is firmly established and will intensify into a very strong event in the coming months. WMO forecasts show ~100% likelihood that it will persist through February 2027.
— World Meteorological Organization (@WMO) September 3, 2026
A very strong El Niño same impacts everywhere.
WMO El Nino Update: https://t.co/KUPq04jjkT pic.twitter.com/PAx1EZTCOH
Pour la période allant de septembre à novembre 2026, les modèles utilisés par l’organisation indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales dans la quasi-totalité des régions continentales. Concernant les précipitations, une répartition caractéristique d’un puissant épisode El Niño se dessine, même si ses effets concrets varient considérablement d’une région à l’autre.
La situation climatique sera également influencée par d’autres facteurs, notamment une probable phase positive du dipôle de l’océan Indien, dont l’anomalie saisonnière pourrait atteindre environ +0,9 °C entre septembre et novembre. Dans l’Atlantique tropical, les eaux sont également plus chaudes que d’ordinaire. La combinaison de ces différents phénomènes peut renforcer, modifier ou même contrebalancer certains effets habituellement associés à El Niño, selon les régions.
Un pic attendu vers la fin de l’année 2026
Selon les projections de l’OMM, El Niño continuera de gagner en intensité au cours des prochains mois et atteindrait son pic vers la fin de cette année. Ses conséquences climatiques ne disparaîtront cependant pas nécessairement lorsque le réchauffement du Pacifique commencera à s’atténuer.
El Niño se développe généralement entre mars et juin, atteint son intensité maximale entre novembre et février et peut continuer d’influencer les températures ainsi que les régimes atmosphériques même après son pic. C’est pourquoi l’organisation internationale juge particulièrement important d’anticiper ses conséquences potentielles en 2027.
L’OMM travaille déjà avec les services météorologiques et hydrologiques nationaux afin de renforcer les systèmes d’alerte précoce et la préparation aux conséquences potentielles. L’agriculture, l’énergie, la santé, les ressources en eau et la gestion des situations d’urgence figurent parmi les secteurs susceptibles d’être touchés par les changements liés au phénomène.
L’avertissement ne signifie donc pas qu’El Niño provoquera les mêmes phénomènes extrêmes partout, mais plutôt que la situation climatique mondiale des prochains mois sera particulièrement dynamique et nécessitera une préparation accrue.
Référence de l'article
World Meteorological Organization (WMO). (Agosto26). El Niño/La Niña Update.