Froid au travail : que prévoit la loi française ?
Canicule, froid, quelles sont les obligations des entreprises pour préserver la santé de leur salariés ?

L'année 2026 est particulièrement rude avec des températures négatives et donc un froid glacial ! S'ajoute à cela, la neige en plaine dans les régions du nord-ouest et du centre-ouest du pays. Télétravail imposé dans les entreprises qui peuvent se le permettre, transports annulés sur certaines lignes franciliennes… Comme à chaque épisode neigeux en plaine, c'est un peu le bazar en France.
Car certains sont bien obligés de se rendre au travail ! Pire, des salariés doivent travailler dans le froid, la neige, le gel. Et la question du froid au travail s'impose. Et contrairement à ce que l'on pense, il n'y a pas que les travailleurs qui bossent en extérieur qui peuvent souffrir du froid.
Il touche aussi les employés de bureaux dans des bâtiments anciens, les salariés en open space avec chauffage central mal réglé, les travailleurs précaires contraints de réduire le chauffage, les indépendants et télétravailleurs. Il y a donc de très nombreux employés qui subissent des conditions thermiques difficiles.
En France, ce sujet attire de plus en plus l’attention des employés et des inspecteurs du travail, notamment parce que la législation n’est pas toujours claire sur les températures à respecter. Car le Code du travail français ne fixe pas de température minimale chiffrée en dessous de laquelle il serait interdit de travailler.
Les images de #neige les plus impressionnantes ! Il continue de neiger ce soir en France : près de 20 centimètres prévus ️
— Meteored | tameteo (@MeteoredFR) January 6, 2026
Les images https://t.co/VOxv1FL5dL
Cela vaut aussi bien pour les bureaux que pour les espaces intérieurs destinés au travail. Cependant, la loi impose que les locaux fermés utilisés pour le travail soient maintenus à une « température adaptée » compte tenu de l’activité et de l’environnement.
Cette notion, volontairement générale, est complétée par une obligation fondamentale : l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation inclut la prévention des risques liés aux ambiances froides et doit être intégrée dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
Même si une température minimale n'est pas pénalement imposable, ni obligatoire, des recommandations existent : dans un bureau, une température comprise entre 20 et 22 °C est considérée comme confortable et adaptée à un travail sédentaire. Dans un atelier avec une activité physique modérée, des températures de 16 à 18 °C sont souvent jugées acceptables.
Lorsque l’activité est plus physique, une fourchette de 14 à 16 °C peut être tolérée. Ces repères, issus de normes de confort thermique et de recommandations d’organismes spécialisés (comme l’INRS et des normes ISO), servent de guides pour évaluer si les conditions de travail sont adaptées.
[#Droits]
— force_ouvriere (@force_ouvriere) January 6, 2026
Quelles sont les #obligations de lemployeur en période de #froid ?
Selon le #codedutravail, lemployeur prend toutes dispositions nécessaires pour assurer la #protection des travailleurs contre le froid et les intempéries.
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Car travailler dans un environnement trop froid n’est pas qu’un inconfort : le froid peut avoir des effets réels sur la santé. Une exposition prolongée au froid peut provoquer des troubles musculo-squelettiques, une diminution de la dextérité et de la vigilance, et, dans les cas extrêmes, des gelures ou de l’hypothermie, notamment pour des activités en extérieur.
Même sans seuil légal précis, les salariés ont des droits. Ils peuvent alerter l’employeur, les représentants du personnel ou l’inspection du travail si les conditions sont dangereuses.
Dans des cas jugés de danger grave et imminent pour la santé, un salarié peut exercer son droit de retrait : cela signifie qu’il peut cesser son activité sans sanction tant que le danger persiste. Ce droit a déjà été reconnu par des juridictions prud’homales dans des cas où une température très basse (par exemple environ 14–15 °C dans un bureau) a été considérée comme mettant en danger la santé du salarié.
Pour les travailleurs exposés physiquement au froid extérieur — BTP, agriculture, réseaux — des obligations spécifiques s’ajoutent : les postes doivent être aménagés pour réduire l’exposition, permettre un accès rapide à un abri, et garantir la protection contre les intempéries. Ces éléments font partie des dispositions générales visant à prévenir les risques liés aux conditions climatiques.
Références de l'article :
Frédéric Bianchi, BFMTV, (13/12/2022), Froid au travail: ai-je le droit de ne pas venir au bureau ?
Pierre Fougères, TF1Info, (24/11/2025), Il fait très froid : puis-je ne pas aller au boulot ?
Ministère du Travail et des Solidarités, (13/12/2023), Travail dans le froid : les précautions à prendre