Erosion du littoral : 5200 logements français menacés d'ici 2050
1,2 milliard d’euros de logements et de locaux d’activité pourraient être affectés par le recul du littoral français d’ici 2050. Comment adapter nos territoires lorsque la mer gagne du terrain et que la côte recule ?

Falaises, plages, dunes et estuaires évoluent naturellement sous l’effet des vagues, des courants et du déplacement des sédiments. Mais le changement climatique accentue certaines de ces dynamiques.
Un terrain de football disparaît tous les quatre à cinq jours
Aujourd’hui, 20 % du trait de côte français recule, soit environ 920 kilomètres, hors Guyane. Entre 1960 et 2010, près de 30 km² de terres ont ainsi été perdus : l’équivalent d’un terrain de football tous les quatre à cinq jours.
Erosion, submersion marine... Plus de 30 000 logements vendus sur le littoral entre 2020 et 2024 sont menacés d'ici à 2050, selon une étude https://t.co/nv8a8PDHLW
— franceinfo (@franceinfo) August 27, 2025
L’érosion côtière désigne cette perte progressive de sédiments. Lorsqu’elle fait reculer la limite entre la terre et la mer, on parle de recul du trait de côte. Le phénomène n’est donc pas nouveau. Ce qui change, c’est le contexte climatique dans lequel il se produit.
Une mer qui monte, des côtes davantage exposées
Depuis 1900, le niveau moyen de la mer s’est élevé d’environ 20 centimètres, et son rythme d’élévation a presque doublé au cours des trente dernières années.
Deux mécanismes liés au réchauffement expliquent principalement cette montée : lorsque l’océan se réchauffe, son eau se dilate et occupe davantage de volume ; parallèlement, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires continentales ajoute de l’eau aux océans.
Cette hausse se poursuivra pendant plusieurs siècles. À l’échelle mondiale, les projections du GIEC situent l’élévation du niveau marin autour de 30 à 60 cm d’ici 2100 dans l’hypothèse la plus optimiste, et de 60 cm à 1,10 m dans la plus pessimiste.
Pour la France métropolitaine et La Réunion, la trajectoire nationale de référence prévoit 45 à 90 cm d’élévation d’ici 2100, hors éventuelle accélération liée à une déstabilisation majeure de l’Antarctique.
5 200 logements pourraient être concernés d'ici 2050
Pour la France métropolitaine et La Réunion, la trajectoire nationale de référence prévoit 45 à 90 cm d’élévation d’ici 2100, hors éventuelle accélération liée à une déstabilisation majeure de l’Antarctique. Les chiffres donnent une idée de l’enjeu. Selon une étude du Cerema publiée en 2024, près de 1 000 bâtiments pourraient être concernés par le recul du trait de côte dès 2028, pour une valeur estimée à 240 millions d’euros.
Il ne s’agit pas de bâtiments automatiquement condamnés à disparaître : ces chiffres désignent des biens susceptibles d’être affectés par le recul du littoral. Ils permettent surtout de mesurer l’ampleur du défi pour les collectivités.
Apprendre à vivre avec un littoral qui bouge
La réponse ne consiste pas nécessairement à construire toujours davantage de digues. La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, adoptée en août 2026, marque un changement de cap : mieux connaître l’évolution du littoral, accompagner les communes dans leurs choix, préserver les milieux naturels et donner aux acteurs les moyens d’anticiper.
Les communes volontaires peuvent identifier les secteurs exposés à 30 ans et à 30 à 100 ans. Cette anticipation permet de limiter certaines constructions, de préparer le déplacement d’activités ou de logements et de laisser davantage de place aux dynamiques naturelles.
De nouveaux outils accompagnent cette évolution, comme le bail réel d’adaptation à l’érosion côtière, le droit de préemption dédié ou encore l’information obligatoire sur le risque d’érosion lors des transactions immobilières.
L’adaptation peut aussi passer par la nature. Dunes, plages, végétation dunaire, herbiers marins, mangroves ou récifs contribuent à la protection des côtes tout en favorisant la biodiversité. Dans certains territoires, il faudra donc accepter que le littoral change de place.
Référence de l'article
Centre de ressources pour l'adaptation au changement climatique. (2026). Érosion du littoral : à quoi s’attendre et comment s’adapter ?.