Des rues propres mais sans poubelles : le curieux modèle japonais qui surprend les touristes
Au Japon, les poubelles sont rares dans les rues, mais le pays conserve une propreté exemplaire grâce aux habitudes, à l'éducation et à la responsabilité individuelle.

Au Japon, il peut s'avérer étonnamment difficile de trouver une poubelle dans la rue. Pour quiconque visite le pays pour la première fois, la situation semble paradoxale : comment des villes aussi animées peuvent-elles rester si propres en l'absence de réceptacles pour les déchets ?
La réponse réside dans une combinaison d'événements historiques, de politiques publiques, d'habitudes sociales et d'un rapport particulier aux déchets.
Bien que la menace terroriste ait contribué à cette transformation, elle n'explique pas, à elle seule, la situation actuelle. Au fil des ans, les coûts d'entretien et les problèmes liés à une utilisation inappropriée des poubelles ont conduit certaines villes à en réduire encore davantage le nombre.
À Kyoto, par exemple, le nombre de poubelles publiques a été réduit de plus de moitié depuis 2011. Selon Aya Yoshida, de l'Institut national d'études environnementales (NIES), des problèmes se posaient en raison du dépôt de déchets ménagers dans les poubelles publiques et de l'accumulation de détritus tout autour.
La responsabilité commence avant que les déchets n'arrivent dans la rue
Ce qui rend le cas japonais particulièrement intéressant, c'est que l'absence de poubelles ne semble pas simplement entraîner une plus grande quantité de déchets abandonnés.

Pendant des décennies, les municipalités ont investi dans des campagnes de lutte contre les dépôts de déchets sauvages, l'éducation à l'environnement, le nettoyage des rues et des mesures d'urbanisme visant à décourager les comportements consistant à jeter des déchets sur la voie publique. En d'autres termes, la propreté des villes est aussi le fruit de politiques suivies dans la durée, et non simplement d'un prétendu trait culturel.
Parallèlement, des normes sociales influencent les comportements au quotidien. L'une d'elles est le concept de *meiwaku o kakenai*, qui peut se traduire par l'idée d'éviter de gêner autrui. Emporter ses propres déchets avec soi s'inscrit tout naturellement dans cette logique.
Il existe également une habitude qui contribue à expliquer la moindre quantité de déchets dans les rues : manger en marchant ou dans les transports en commun n'est pas une pratique aussi courante que dans de nombreuses autres villes. Pour ceux qui vivent au Japon, une grande partie des déchets produits au cours de la journée finit par être rapportée à la maison.
Un défi majeur pour ceux qui visitent le pays
Pour les touristes, toutefois, l'expérience peut être bien différente. Après avoir acheté une boisson, un en-cas dans une supérette ou un repas à emporter, il est possible de passer des heures sans trouver où jeter l'emballage.

Certaines poubelles restent disponibles, notamment dans les gares, souvent à proximité des guichets et dans des endroits où elles peuvent être surveillées. Il existe également des conteneurs associés à certains distributeurs automatiques et à d'autres points spécifiques.
À présent, Tokyo expérimente une solution particulièrement originale : à la gare de Shinjuku, des robots-poubelles ont commencé à être testés ; ils circulent dans l'espace pour collecter les déchets des passagers.
La question qui se pose alors est la suivante : et si une ville pouvait fonctionner avec moins de poubelles ? Cette réponse japonaise repose sur une combinaison de responsabilité individuelle, de politiques publiques et d'habitudes quotidiennes qui ont fait de l'absence de poubelles un élément presque invisible du paysage urbain.
Référence de l'article
Michelle Gross. (2026). Le Japon est célèbre pour la propreté immaculée de ses rues. Alors, pourquoi les poubelles publiques sont-elles si difficiles à trouver ?.