Réseaux sociaux : quelle limite ne pas dépasser pour préserver sa santé mentale ?

Sans surprise, une nouvelle étude américaine associe un usage élevé des réseaux sociaux à une hausse des dépressions déclarées chez les adultes. La bascule se situerait autour des deux heures et demie par jour.

Le temps passé sur les réseaux sociaux n'est pas toujours très positif pour la santé mentale.
Le temps passé sur les réseaux sociaux n'est pas toujours très positif pour la santé mentale.

Ça nous est tous arrivé : un peu fatigué le dimanche soir, on s'allonge sur le canapé avec son téléphone, on va sur Facebook, TikTok ou Instagram et on scrolle, on scrolle... jusqu'à se rendre compte que ça fait plus d'une heure qu'on fait défiler des contenus sur des sujets qui nous passionnent plus ou moins, entrecoupés d'une sacré dose de publicité. Et on se sent encore plus las après avoir erré ainsi sans but, pour finalement ne pas en tirer grand chose. Ce sentiment de lassitude n'est pas surprenant si l'on sait que le temps passé sur les réseaux sociaux peut être néfaste pour la santé mentale, notamment chez les adolescents - mais pas seulement.

Un panel de 183 000 Américains interrogés sur 11 ans

En 2025, une publication de la Revue européenne de recherche en santé, psychologie et éducation concluait que les symptômes dépressifs pouvaient être diminués tout simplement en réduisant le temps passé sur ces plateformes. Mais à partir de quelle dose les réseaux sociaux sont-ils susceptibles de ravager notre moral ? Selon le quotidien Ouest-France, une étude parue dans NPJ Mental Health Research apporte de nouveaux éléments de compréhension.

Les chercheurs, basés aux États-Unis, se sont appuyé sur onze enquêtes transversales, ce qui leur a permis d’analyser les données de 183 000 Américains âgés de 18 à 70 ans, sur une période de onze ans. Les participants renseignaient leurs habitudes sur les réseaux sociaux et indiquaient leurs problèmes de santé, parmi une liste de 31 affections, dont la dépression. Précisons qu’il s’agissait de déclaratif, les personnes n’ont pas été examinées par un médecin pour l’étude. Néanmoins, avec un tel panel, les scientifiques ont trouvé une association significative entre certaines pratiques numériques et la dégradation de la santé mentale.

Une hausse des dépressions plus importante chez les ados

Premier constat : la hausse des dépressions auto-déclarées de 15 % à 22 % entre 2014 et 2024 pour la population générale et de 15 % à 25 % chez les 18-25 ans. En mettant en relation ces chiffres avec le temps passé sur les réseaux sociaux, les chercheurs associent chaque heure supplémentaire passée quotidiennement sur ces plateformes à une augmentation d’environ 17 % des risques de déclarer une dépression. Leur modèle considère que le sentiment de dépression apparaît à partir d’environ deux heures et demie passées sur les réseaux sociaux par jour. Un seuil que les chercheurs appellent à creuser avec des études complémentaires.

Les enfants, premières victimes de l'addiction aux réseaux sociaux.
Les enfants, premières victimes de l'addiction aux réseaux sociaux.

Toutefois, selon les auteurs de l'étude, l’utilisation des réseaux sociaux semble être un meilleur indicateur de la dépression que d'autres facteurs courants tels que l’emploi, le niveau d’études ou d'autres activités sur écrans tels que les jeux vidéo, la navigation sur Internet ou la télévision.

Les réseaux sociaux sont néfastes pour les individus à tous les âges.

Pour autant, des questions se posent. Ainsi, la dépression n'entraîne-t-elle pas une consommation plus intensive des plateformes ? Pour Hans Breiter, auteur principal de l’étude, l’association est toutefois suffisamment flagrante pour tirer le signal d’alarme : « Les réseaux sociaux sont néfastes pour les individus à tous les âges, estime le chercheur. Nous ne devrions pas nous soumettre à un produit qui utilise la science de la dépendance pour optimiser notre temps de visionnage. »

Pour le cas des plus jeunes utilisateurs, l’Union européenne étudie en ce moment la possibilité d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans le cadre de l’EU KIDS Act. Le mois dernier, la Commission européenne a adopté l’EU KIDS Act afin de renforcer la sécurité des enfants en ligne dans l’ensemble de l’UE. Le texte a entamé son processus législatif et devrait être adopté rapidement.

Référence

Les réseaux sociaux peuvent-ils mener à la dépression ? Voici la limite qu’il ne faudrait pas dépasser d’après une étude, Ouest-France, le 29 septembre 2026