Des chercheurs travaillent sur la "ville-éponge" : peut-elle vraiment réduire le risque d'inondations ?
Une équipe de chercheurs a travaillé en Chine sur le concept de "ville-éponge", supposé lutter contre le risque d'inondations en zone urbaine. Fonctionne-t-il vraiment ? Peut-il améliorer la biodiversité végétale en ville ?

Alors que nos villes sont de plus en plus confrontées à de nouveaux défis, entre urbanisation à outrance, bétonisation, vagues de chaleur, pollution et perturbation des cycles de l'eau, des chercheurs de l'Académie chinoise des sciences (CAS) à Pékin ont travaillé sur le concept des "villes-éponges" ou "sponge cities". Quels sont les espoirs levés par ce modèle ?
Atténuer les inondations et la pollution
Dans leur étude, publiée dans la revue Cell Reports Sustainability le 27 janvier dernier et révélée par nos confrères de GEO, ces chercheurs ont étudié les mécanismes par lesquels la construction de ces villes-éponges améliore la diversité végétale urbaine.
In Nanning, Guangxi, southwest China, parking garages are topped with rooftop botanical gardens!
— Dominic Lee 李梓敬 (@dominictsz) January 26, 2026
This is a great example of sustainable urban living! pic.twitter.com/x4KRnBqoO3
Ce concept a été créé par Yu Kongjian, architecte chinois de référence en matière de nature en ville et d'urbanisme durable. Le but des villes-éponges est de mieux gérer les eaux de pluie, en les stockant et en les réutilisant, ce qui permet de limiter le risque d'inondations, mais aussi d'améliorer la biodiversité urbaine. Le programme des villes-éponges en Chine est la plus vaste initiative mondiale de réaménagement des espaces verts urbains.
Pour récupérer les eaux de pluie, il suffit d'installer des infrastructures vertes, des jardins de pluie, des noues de drainage, des revêtements perméables, ou encore de restaurer des zones humides. Restaurer la communauté végétale permet ainsi d'atténuer le risque d'inondations en ville, d'améliorer la qualité de l'eau et de réduire la pollution via le captage du CO2 par les arbres. L'eau est ainsi absorbée, stockée et réutilisée.
C'est la ville de Wuxi, dans l'Est de la Chine, qui a été analysée par ces chercheurs, où une zone de 22,27 kilomètres carrés a été définie comme "zone de démonstration". Au total, 1.973 installations d'infrastructures vertes et 58 projets connexes entrant dans la définition de la ville-éponge ont été mis en œuvre à Wuxi entre 2020 et 2023.
La biorétention, piste prometteuse
Au cours de cette période de 3 années, les chercheurs ont constaté que la richesse végétale pouvait augmenter de plus de 50% avec des aménagements tels que les jardins de pluie et les noues de biorétention, ce qui permet de dire que les villes-éponges sont un véritable "outil de promotion de la nature urbaine", au-delà de son principal atout de contrôle du risque d'inondations, via la limitation de la bétonisation.
#Wuxi has been committed to becoming a sponge city through projects such as road construction, river regulation, and green space and public infrastructure improvement, as it looks to continuously optimize the urban ecological environment. pic.twitter.com/5BiCkvtLIv
— 魅力無錫 Wuxi China (@WuxiCity) July 7, 2022
Les noues de biorétention sont des sortes de fossés végétalisés, situés le long des routes ou dans des espaces publics, destinés à recueillir, transporter et filtrer les eaux de pluie tout en facilitant leur infiltration dans le sol ou leur assimilation. Ces fossés sont peu profonds et en pente douce, donc facilement intégrables aux espaces urbains.
La biorétention est une piste très prometteuse pour aider à la réduction du risque d'inondations. Désormais, selon ces chercheurs, l'enjeu est d'atteindre trois objectifs clés : intégrer ces infrastructures dans des réseaux écologiques à l'échelle de toute la ville, créer des infrastructures vertes à usage multifonctionnel, et enfin exploiter les espaces verts linéaires (routes et rivières) comme "corridors écologiques potentiels".
Face à l'urbanisation rapide, les villes d'Asie subtropicales ou tropicales ont ainsi des pistes concrètes pour renforcer leur résilience écologique : pendant ce temps-là, que font les villes européennes, et même les villes françaises, en pleine campagne des élections municipales ?
Références de l'article :
Québec Vert. Biorétention.
J. Su et al., Cell Reports Sustainability, 2026. China's Sponge City Program unlocks potential for urban plant diversity.