Chaleur et sécheresse : la récolte de miel en chute cette année en France

L’été 2026, exceptionnellement chaud et sec en France, a lourdement perturbé l’activité des abeilles. Plusieurs miellées ont été fortement pénalisées, faisant craindre une baisse importante de la production de miel cette année.

Avec la chaleur et la sécheresse, les apiculteurs français observent une nette baisse de la récolte de miel ces derniers mois en France
Avec la chaleur et la sécheresse, les apiculteurs français observent une nette baisse de la récolte de miel ces derniers mois en France

L’été 2026 restera comme l’un des plus marquants jamais observés en France, avec une chaleur intense et durable combinée à une sécheresse exceptionnelle qui a durement affecté les sols et la végétation.

Des conditions météorologiques qui n’ont pas été sans conséquences sur les écosystèmes et les activités agricoles. Parmi les secteurs touchés, l’apiculture fait notamment face à une saison particulièrement difficile.

Un été hors-normes

Avec une température moyenne de 24°C, soit une anomalie de +3,6°C par rapport aux normales, l’été 2026 est devenu le plus chaud jamais observé en France depuis le début des mesures en 1900. Il devance ainsi largement les deux précédents étés les plus chauds, 2003 et 2022, qui affichaient respectivement des anomalies de +2,7 °C et +2,3°C.

La chaleur s’était d’ailleurs installée très tôt cette année avec un épisode particulièrement marqué dès la fin du mois de mai. Trois vagues de chaleur se sont ensuite succédé durant l’été, pour un total inédit de 53 jours de chaleur à l'échelle du pays. La première, du 17 au 30 juin, a notamment été la plus intense jamais observée depuis 1947, tandis que 45% du territoire français a atteint ou dépassé les 40°C au moins une fois au cours de l’été.

Le seuil des 40°C a été franchi 178 fois sur le réseau de stations de Météo-France cet été, battant très largement l'ancien record - Météo-France
Le seuil des 40°C a été franchi 178 fois sur le réseau de stations de Météo-France cet été, battant très largement l'ancien record - Météo-France

Le manque de précipitations a également été particulièrement marqué au cours de cette période. Si l’hiver s’était montré très humide, avec un excédent de pluie de 35%, le printemps affichait au contraire un déficit de 30%, notamment en raison d’un mois d’avril exceptionnellement sec avec une anomalie de précipitations atteignant -70% à l'échelle de la France.

La sécheresse a ensuite continué de s’accentuer durant l’été, avec un déficit de pluie de 50% en juin puis de nouveau de près de 70% en juillet.

Cette succession de fortes chaleurs et de périodes très sèches a ainsi entraîné une nette aggravation de la sécheresse des sols au fil des semaines. Celle-ci s’est rapidement étendue à l’ensemble du pays avant d’atteindre des niveaux inédits au début du mois d’août, dépassant même le précédent record établi en 2022.

Des conséquences sur l'apiculture

Les fortes chaleurs et la sécheresse ont directement perturbé l’activité des abeilles au cours de cette saison. En desséchant rapidement la végétation, celles-ci ont réduit les ressources disponibles pour les insectes, qui n’ont pas pu butiner normalement dès le début du mois de juin. Plusieurs miellées estivales ont ainsi été fortement pénalisées par les conditions météorologiques.

Selon l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), la production de miel devrait ainsi être comprise entre 18 000 et 20 000 tonnes cette année en France, contre 23 000 à 25 000 tonnes en 2025. Cette dernière année avait d’ailleurs été particulièrement favorable puisqu’il s’agissait du meilleur niveau de production enregistré depuis environ 20 ans sur le territoire français.

Les estimations restent toutefois assez différentes selon les organismes. InterApi, l’interprofession de la filière, évalue pour sa part la récolte 2026 à environ 33 700 tonnes, soit 5 000 tonnes de moins qu’en 2025. Cette estimation, qui pourra encore évoluer puisque la récolte n’est pas terminée, repose sur un sondage réalisé auprès de 986 apiculteurs.

Les abeilles avaient pourtant commencé la saison dans de bonnes conditions. L’hiver doux et humide avait favorisé une reprise précoce de la végétation, qui avait bénéficié d’une bonne hydrométrie, permettant aux colonies de reprendre leur activité parfois dès la mi-janvier. Mais les fortes chaleurs survenues dès la fin du mois de mai ont rapidement desséché la végétation et les fleurs, réduisant les ressources disponibles pour les abeilles et pénalisant plusieurs miellées estivales.

Certaines productions ont ainsi été beaucoup plus touchées que d’autres. Le miel de printemps, notamment issu du colza et des fleurs, a permis à plusieurs apiculteurs de sauver une partie de leur saison, tandis que les récoltes de lavande, de sapin et de bruyère d’été sont restées très faibles. Le tournesol, qui représentait encore plus de la moitié de la production française jusque dans les années 1990, n’a quant à lui quasiment rien donné cette année.

Référence de l'article

20 minutes et AFP. (2026). Sécheresse : Les abeilles déboussolées et au chômage technique, la récolte de miel chute.