Canicule : pourquoi les nuits chaudes sont encore plus dangereuses que les journées torrides ?
Si la canicule est éprouvante la journée, elle l'est encore plus la nuit. En perturbant fortement notre sommeil, elle réduit nos capacités de récupération et conduit à un épuisement parfois dangereux.

Lorsque l'on évoque la canicule, ce sont souvent les températures de l'après-midi qui retiennent l'attention. Pourtant, pour les météorologues et les professionnels de santé, les nuits chaudes constituent un facteur de risque majeur.
Si la chaleur est difficile à supporter en journée, c'est surtout l'absence de fraîcheur nocturne qui met l'organisme à rude épreuve en perturbant considérablement le sommeil et en causant un épuisement.
Des nuits de plus en plus éprouvantes
La France fait actuellement face à des températures nocturnes inédites, battant les records établis lors des récentes canicules ou en 2003. Dans certains secteurs, le thermomètre ne descend pas sous 25 à 28°C en toute fin de nuit !
De plus, les températures minimales ne sont pas forcément représentatives ce que nous vivons. Elles sont généralement atteintes en toute fin de nuit, juste avant le lever du soleil. À 2 heures du matin, on peut encore dépasser les 30°C !

Il n'est prévu aucune réelle amélioration d'ici à la fin de la semaine, malgré un petit fléchissement des températures durant le week-end. Les prochaines nuits seront tout aussi éprouvantes et de nouveaux records pourront être battus un peu partout en France.
Chaleur nocturne : un danger pour l'organisme
Le corps humain dispose de mécanismes pour maintenir sa température autour de 37°C. Durant une canicule, il doit augmenter la transpiration afin d'évacuer l'excès de chaleur. Mais ce mécanisme nécessite des périodes de récupération, qui s'effectue surtout la nuit, durant le sommeil.
Le problème est que le corps humain a besoin d'abaisser légèrement sa température pour que nous puissions avoir un sommeil de qualité. Or, lorsque l'air de notre chambre reste très chaud, ce processus est fortement contrarié.
L'endormissement est donc plus difficile, les réveils nocturnes plus fréquents et les phases de sommeil profond se réduisent. Ainsi, l'organisme récupère mal et les conséquences sont multiples : fatigue, baisse de la concentration, irritabilité ou encore diminution des performances physiques et intellectuelles.
La canicule agit aussi sur le système cardiovasculaire. En temps normal, le cœur profite de la nuit pour ralentir son activité. Mais lorsque la température reste élevée la nuit, il doit continuer à travailler davantage pour aider le corps à évacuer la chaleur, notamment en augmentant le débit sanguin vers la peau.
Cette sollicitation prolongée peut représenter un risque supplémentaire pour les personnes âgées, les nourrissons ou les individus souffrant de maladies cardiaques, même si l'intégralité de la population subit les conséquences de la chaleur.

La déshydratation constitue un autre danger souvent sous-estimé. Même pendant le sommeil, le corps continue de perdre de l'eau par la transpiration et la respiration. Lors des nuits caniculaires, ces pertes augmentent et il est important de compenser en buvant davantage d'eau.
Les personnes âgées sont les plus exposées. Chez les seniors, la sensation de soif est réduite et les mécanismes de régulation thermique sont moins efficaces. C'est la raison pour laquelle près de 70% des décès liés aux épisodes de canicule touchent les personnes âgées de 75 ans et plus.
Les études montrent que la mortalité des canicules est davantage corrélée aux températures nocturnes qu'aux maximales diurnes. En d'autres termes, une journée très chaude suivie d'une nuit fraîche est généralement mieux supportée qu'une journée légèrement moins chaude mais suivie d'une nuit tropicale.