30 °C en octobre, 35 °C en septembre ? « L’été n’a aucune intention de s’arrêter » – mais le Rhin en paie le prix

Difficile à croire : au lieu de l’automne, une nouvelle poussée de chaleur de fin d’été menace, avec jusqu’à 30 °C – tandis que, dans le même temps, le Rhin atteint un niveau historiquement bas. Voici ce que cela signifie pour vous et pour l’économie.

Le calendrier indique la fin de l’été, mais ce qui se prépare pour septembre et octobre pourrait être particulièrement remarquable. Après l’été 2026 marqué par la sécheresse, beaucoup se posent avec inquiétude la question : cette situation va-t-elle se poursuivre ?

Vous pouvez retrouver nos prévisions météo au quotidien en nous suivant dès maintenant sur WhatsApp.

La réponse des modèles météorologiques est contrastée. Pour tous ceux qui aiment le soleil, cela ressemble d’abord à une bonne nouvelle – mais derrière cette apparence agréable se profile un problème qui pourrait finalement coûter très cher.

L’été joue les prolongations – ce que prévoient les modèles

Les modèles à long terme sont inhabituellement concordants : l’automne 2026 devrait débuter nettement plus chaud que la normale. Dans de nombreuses régions, septembre pourrait de nouveau prendre des allures de plein été, avec un temps sec et des températures maximales flirtant avec les 30 °C. Dans le sud, quelques pointes jusqu’à 35 °C ne sont pas exclues.

Et octobre ? Il ressort même tout particulièrement dans les simulations. Un bel été indien en octobre, avec des après-midi doux, des feuillages colorés et – oui – localement encore près de 30 °C, est tout à fait possible. En cause : une puissante et persistante dorsale anticyclonique qui bloque tout simplement les dépressions humides venues de l’Atlantique.

Ce que nous avons déjà connu – et pourquoi ce n’est pas un simple accident

Un regard en arrière montre clairement que cet automne chaud n’a rien d’un hasard. Ces derniers mois ont presque tous été plus chauds et plus secs que la normale, selon un schéma qui se répète depuis plusieurs années.

Plusieurs facteurs sont en cause : un courant-jet affaibli, des mers anormalement chaudes et des anticyclones de blocage qui s’installent comme un couvercle au-dessus de l’Europe centrale. Au lieu d’un air maritime frais et humide, c’est alors un air chaud et extrêmement sec qui domine – parfois pendant des semaines. C’est précisément ce qui pourrait de nouveau se produire.

Le Rhin à la limite – un niveau d’eau historiquement bas

Le revers de ces belles images est visible sur les cours d’eau. À l’importante station de mesure de Kaub, le niveau du Rhin n’était récemment plus que de 24 centimètres – le plus bas depuis le début des relevés, encore inférieur au précédent record de 2018.

À Cologne, Düsseldorf et Duisbourg également, les anciens records de basses eaux ont été battus, et ce exceptionnellement tôt dans l’année. Pour la navigation fluviale, la situation est dramatique : de nombreux cargos ne peuvent plus transporter que d’un tiers à la moitié de leur chargement habituel. Si le niveau à Kaub reste durablement sous les seuils critiques, l’approvisionnement risque d’être perturbé.

Ce que cette sécheresse pourrait coûter à l’Allemagne

La situation devient désormais sérieuse. Imaginons que cette sécheresse se prolonge jusqu’à la fin du mois de septembre : l’industrie, pour laquelle le Rhin constitue une véritable artère vitale, serait contrainte de fonctionner au ralenti. En 2018 déjà, au cours d’un seul mois marqué par de très basses eaux, le volume de marchandises transportées avait chuté d’environ un quart et la production industrielle avait reculé d’environ 1 %.

La pluie restera largement absente au cours des prochains jours. La sécheresse continue donc de s’aggraver.
La pluie restera largement absente au cours des prochains jours. La sécheresse continue donc de s’aggraver.

Au total, cette situation pourrait coûter jusqu’à 0,4 point de pourcentage à la croissance économique allemande cette année – les spécialistes estiment rapidement les pertes à un à deux milliards d’euros pour le seul trimestre. Les secteurs de la chimie, de l’acier et des produits pétroliers sont particulièrement dépendants du fleuve ; à Ludwigshafen, le géant BASF assure à lui seul environ 40 % de ses transports par voie fluviale. Certains considèrent désormais la situation de l’approvisionnement en carburant comme plus préoccupante encore que celle du détroit d’Ormuz.

Quand arrivera enfin la pluie salvatrice ?

Le principal espoir reste donc le retour de la pluie. Mais, pour l’instant, les modèles sont décevants sur ce point : septembre devrait être plus sec que la normale, tandis qu’octobre serait, au mieux, dans les normales. Il faudrait attendre novembre pour voir éventuellement revenir des précipitations nettement plus abondantes et une amélioration de la situation.

Tant que les anticyclones de blocage persisteront, les dépressions atlantiques resteront repoussées et la situation évoluera peu sur les cours d’eau. En résumé : profitez de ces belles journées d’automne, mais ne vous faites pas d’illusions. Cet automne de rêve a un arrière-goût amer : celui de la sécheresse.

Et en France ?

Les tendances saisonnières de Météo-France indiquent elles aussi un trimestre août-septembre-octobre plus chaud que la normale. Dans un contexte de réchauffement climatique, il n’est donc pas exclu de connaître des périodes de fortes chaleurs en France au mois de septembre. Une nouvelle canicule d’ampleur va d’ailleurs toucher la France la semaine prochaine.

Concernant les précipitations, la France est touchée par une sécheresse inédite. Jamais les sols n’avaient été aussi secs. Les prévisions saisonnières montrent, elles aussi, la poursuite de conditions météorologiques plutôt sèches. Toutefois, des conditions plus humides pourraient concerner les régions méditerranéennes à l’approche de l’automne.

Mais d’ici le week-end des 15 et 16 août, il n’est pas vraiment prévu de pluie en France. La situation va donc encore s’aggraver.