Alerte : le seuil des 1,5°C de réchauffement devient inatteignable selon l'ONU
Le seuil des 1,5°C de réchauffement climatique pourrait être définitivement hors de portée. Un nouveau rapport de l'ONU estime désormais que son dépassement est inévitable, même si certains scénarios permettent encore d'envisager un retour sous cette limite à plus long terme.

Le seuil des 1,5°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle fixé par l'Accord de Paris en 2015 semble désormais hors de portée selon un nouveau rapport des Nations Unies publié au début du mois de septembre.
Un seuil symbolique bientôt dépassé
Le seuil des 1,5°C a été fixé lors de l'Accord de Paris, adopté en décembre 2015 à l'issue de la COP21. Les pays signataires s'étaient alors engagés à maintenir la hausse de la température mondiale nettement en dessous de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, tout en poursuivant leurs efforts pour la limiter à 1,5°C.
Cette limite de 1,5°C avait été retenue car les conséquences du réchauffement deviennent de plus en plus importantes à mesure que les températures augmentent. Les scientifiques estimaient notamment qu'un réchauffement de 2°C entraînerait des conséquences nettement plus notables à l'échelle mondiale qu'un réchauffement limité à 1,5°C.
Néanmoins, dix ans après cet accord, la situation a évolué négativement. La température moyenne mondiale a déjà augmenté d'environ 1,4°C par rapport à l'ère préindustrielle et les émissions de gaz à effet de serre restent très importantes. Le nouveau rapport des Nations Unies estime ainsi que le dépassement des 1,5°C est désormais inévitable dans les prochaines années.
Dans un rapport de 141 pages publié le 2 septembre dernier, l'ONU analyse les différentes trajectoires encore possibles. Les Nations Unies préconisent désormais de limiter au maximum le dépassement des 1,5°C avant d'espérer, à plus long terme, faire redescendre les températures moyennes mondiales.
Un scénario difficile à mettre en place
Pour espérer revenir un jour sous la barre des 1,5°C, le réchauffement devrait culminer à 1,8°C au maximum avant de commencer à diminuer. Une hypothèse déjà jugée peu réaliste par la plupart des scientifiques, qui nécessiterait de retirer des quantités colossales de CO₂ de l'atmosphère.
Global temperature rise is set to cross 1.5°C, pushing climate risks & impacts to increasingly dangerous heights, new @UNEP report warns.
— United Nations (@UN) September 2, 2026
But its still possible to limit, adapt to & return from higher temperatures if we take urgent #ClimateAction now.https://t.co/xv0xTj8uss pic.twitter.com/akMz47c3Qv
Ce captage de CO2 atmosphérique passerait notamment par le reboisement de très vastes portions du globe, mais aussi par des technologies capables de capter le carbone. Ces dernières sont toutefois encore loin de pouvoir fonctionner à grande échelle. Quant au reboisement, il pourrait nécessiter des surfaces considérables et entrer en concurrence avec l'agriculture.
Cette solution serait également fragilisée par le réchauffement lui-même. Des températures plus élevées pourraient en effet ralentir la croissance des nouvelles forêts et donc leur capacité à absorber le CO₂. L'ONU reconnaît d'ailleurs que cette trajectoire n'est en aucun cas souhaitable, mais qu'elle constitue la meilleure option restante.
Avec les politiques climatiques actuellement en vigueur, l'évolution des températures moyennes est toutefois nettement moins engageante. La planète pourrait ainsi se réchauffer de 2,6°C d'ici la fin du siècle. Une trajectoire particulièrement préoccupante, alors que les conséquences du réchauffement climatique sont déjà visibles chaque année à travers le monde.
Le rapport des Nations Unies n'a toutefois pas fait l'unanimité. L'institut Climate Analytics lui reproche notamment de présenter une situation qui pourrait «devenir un appel à l'apathie», en n'insistant pas suffisamment sur la nécessité d'abandonner les énergies fossiles. Un enjeu qui restera pourtant déterminant pour limiter au maximum le réchauffement dans les prochaines décennies.
Référence de l'article
Elodie Falco. (2026). Le monde se réchauffe trop vite: l'objectif climatique des 1,5°C est officiellement hors de portée.
Nations Unies. (2026). UNEP: World set to cross 1.5°C global warming, but can still limit, adapt to and return from higher temperatures.