80% des pâtes de ces marques connues en France contiennent du cadmium !
Une enquête révèle la présence de cadmium dans plus de 80 % des pâtes testées, y compris parmi les marques préférées des Français.

Elles accompagnent les repas de millions de Français et séduisent par leur simplicité autant que par leur petit prix. Pourtant, les pâtes alimentaires se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une nouvelle alerte sanitaire.
Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs, plus de 80 % des paquets de spaghetti et de penne analysés contiennent du cadmium. Ce métal lourd toxique a été détecté dans des produits de grandes marques comme Barilla, Lustucru, Rummo ou Panzani.
Si les quantités mesurées restent sous les limites européennes, leur présence inquiète en raison de l’accumulation progressive du cadmium dans l’organisme.
Du cadmium détecté dans la majorité des pâtes
Pour réaliser son enquête, 60 Millions de consommateurs a analysé 36 paquets, comprenant 18 références de spaghetti et autant de penne rigate. Pâtes classiques, complètes, biologiques, enrichies en protéines ou sans gluten ont été examinées afin de rechercher différents contaminants.
Plus de 8 références sur 10…
Les résultats montrent que plus de 8 références sur 10 renferment des traces de cadmium. Parmi les penne, seules les références sans gluten de Marque Repère, commercialisées chez E.Leclerc, et de la marque U n’en contiendraient pas en quantité détectable.

Toutes les pâtes ne présentent toutefois pas les mêmes concentrations. Les penne complètes Barilla atteignent 0,066 mg de cadmium par kg, contre seulement 0,009 mg/kg pour celles de Delverde. Du côté des spaghetti, les pâtes complètes Barilla affichent également la valeur la plus élevée du test, avec 0,071 mg/kg.
Aucun dépassement de la limite européenne
Malgré ces résultats, aucun des 36 produits testés ne dépasse le seuil réglementaire européen, fixé à 0,18 mg/kg pour le blé dur. La présence de cadmium ne signifie donc pas que les paquets concernés sont impropres à la consommation ou qu’ils doivent faire l’objet d’un rappel.
Une contamination légale, mais pas anodine
Le problème vient surtout de la répétition des expositions. Le cadmium s’accumule principalement dans les reins et le foie, tandis que son élimination est extrêmement lente : il faut entre 10 et 30 ans pour que l’organisme en évacue la moitié.
Chez un enfant de 40 kg consommant 5 portions de pâtes par semaine, celles-ci pourraient à elles seules représenter plus de 20 % de la dose hebdomadaire tolérable, estime l’enquête.
Pourquoi retrouve-t-on du cadmium dans les pâtes ?
Le cadmium est naturellement présent dans l’environnement, mais sa concentration dans les terres agricoles est accentuée par certaines activités humaines. Les engrais minéraux phosphatés représentent plus de la moitié des apports de cadmium dans les sols agricoles français.
Le blé absorbe le métal présent dans les sols
Les céréales absorbent ensuite ce contaminant par leurs racines. Le métal se concentrant davantage dans l’enveloppe du grain, les pâtes complètes sont généralement plus exposées que les pâtes fabriquées avec une semoule raffinée. Le bio n’offre pas non plus une protection absolue, car la teneur dépend fortement du sol et de l’origine du blé.
Quels risques pour la santé ?
Une exposition prolongée au cadmium peut provoquer des atteintes rénales, une fragilisation des os et des troubles de la reproduction. Le métal est également classé cancérogène certain pour l’être humain, même si le lien entre son ingestion alimentaire et certains cancers reste encore discuté.

Environ 25 % des enfants dépassent la dose journalière tolérable, contre moins de 2 % des adultes. Pour réduire l’exposition sans bannir les pâtes, les autorités recommandent de varier les marques, les provenances et les sources de féculents, en alternant notamment avec le riz, les légumineuses ou d’autres céréales.
Référence de l'article
Patricia Chairopoulos, 60 Millions de Consommateurs. (27/09/2026). 36 spaghetti et penne testés : 80 % contiennent du cadmium.