Une entreprise française veut produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumon par an ! Les écologistes montent au créneau
Élever encore plus de saumons, pour répondre à la demande croissante, notamment en France. C’est le projet de Pure Salmon, qui a pour objectif de produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumon par an. Un projet qui est loin de faire l’unanimité.

Saumon d’élevage. La France est le premier consommateur de ce poisson, tant apprécié, en Europe. Pour répondre à la demande croissante des habitants de l’Hexagone, la production a triplé en l’espace de vingt ans. Et cela ne s’arrête pas là. Des projets d’élevage à terre semblent devenir une mode. Il faut, pour cela, utiliser une eau contrôlée par la technologie RAS (Recycled Aquaculture Systems). Mais cela ne change rien au fait qu’un tel projet favorise l’expansion industrielle d’un commerce déjà important.
Le RAS, une technologie encore très expérimentale, selon Seastemik et Foodrise
En Gironde, un projet de ce type se développe. L'initiateur, Pure Salmon, assure qu’ils utilisent une eau « plus propre que la mer » et qu’ils ont bénéficié du « soutien quasi unanime des élus de Médoc Atlantique lors du vote du 4 décembre 2025, soulignant l’adhésion locale à ce projet structurant ». Objectif à terme : produire 10 000 tonnes annuelles de saumon. Un projet qui ne passe définitivement pas chez de nombreux locaux, qui y voit un réel danger environnemental.
Des incidents techniques et des problèmes financiers stoppent les projets
Les associations Seastemik et Foodrise s'opposent, notamment, à cette initiative. « Le saumon élevé en cages marines a une empreinte carbone d’environ 4 kg de CO2e/kg. Le saumon élevé dans des installations terrestres produit entre 2 et 14 kg CO2 e/kg », affirment-ils. Maxime de Lisle, cofondateur de Seastemik, alerte sur le premier volume prévu, de 10 000 tonnes. C’est « un quart de la production actuelle de toute la pisciculture en France. D’un seul coup, un acteur ajoute 25 % du marché ».
Et cette initiative française n’est pas la plus grande. Ni même européenne. Mais bien étasunienne. Un projet en Floride a pour objectif de produire jusqu’à 200 000 tonnes de saumon par an. Un chiffre stratosphérique que les ONG s’empressent de nuancer. Actuellement, les plus gros volumes représentent 5 000 tonnes. Pas plus. D’abord, à cause des incidents techniques et ensuite, à cause des coûts. Au Danemark, de nombreux incidents de ce type ont été relevés.

Quant au Royaume-Uni et à la Belgique, des projets ont été abandonnés, faute de ressources. En Bretagne, un projet a été jugé trop dangereux pour l’environnement. Cela pose une question fondamentale : beaucoup veulent y mettre les moyens, mais qu’en est-il du résultat ? C’est ce qu’interroge le rapport des deux associations et notamment, sur la rentabilité d’un tel projet, basé sur la technologie RAS, qui n’est encore qu’à ses balbutiements. Et malgré tout, les investissements nécessaires sont très lourds.
Le député européen Les écologistes, Benoit Biteau, s’offusque face à un projet qui nuit gravement à l’environnement. « L’économie au détriment de la biodiversité, du climat et des tissus économiques locaux, est-ce que c’est vraiment souhaitable ? On n’est plus au XXe siècle. Heureusement que la résistance est forte pour empêcher ce genre de délire, qui est bien plus monstrueux que la ferme des mille vaches », se désole-t-il.
Référence de l’article :
Au Verdon-sur-Mer, le projet de ferme aquacole Pure Salmon suscite le débat