Une nouvelle technologie permet d'extraire l'or des déchets électroniques en quelques minutes, avec un impact réduit
Des études scientifiques récentes montrent qu’une nouvelle technologie peut extraire l’or des déchets électroniques en un temps record, avec une efficacité remarquable, moins d’énergie et de pollution.

Chaque année, l’humanité produit environ 62 millions de tonnes de déchets électroniques, un chiffre vertigineux, en constante augmentation, qui pourrait atteindre 82 millions de tonnes d’ici 2030. Or, les circuits électroniques sont de véritables concentrés de richesse : ils peuvent contenir jusqu’à 100 fois plus d’or que le minerai naturel.
À peine 22 à 25 % de ces déchets sont correctement collectés et recyclés. Le reste finit enfoui, brûlé ou dispersé dans l’environnement, libérant des substances toxiques et des métaux précieux gaspillés.
Une révolution chimique en quelques minutes
Une technologie développée par l’entreprise canadienne Excir permet désormais de dissoudre l’or contenu dans les circuits imprimés en seulement 4 minutes. Contrairement aux méthodes traditionnelles, il ne s’agit plus de faire fondre le métal à très haute température, mais de le dissoudre chimiquement de manière ciblée.
Le procédé repose sur un mélange précis : un acide, un agent oxydant et un solvant organique. L’or est ainsi extrait à température ambiante, avec beaucoup moins d’énergie et de produits toxiques. Les déchets sont broyés, les composants riches en or isolés, puis plongés dans cette solution chimique qui capture le métal presque instantanément.
Une avancée confirmée par la recherche scientifique
La science valide cette révolution. Une étude publiée en 2025 dans Nature Sustainability montre qu’il est possible d’atteindre jusqu’à 100 % de récupération de l’or grâce à des procédés chimiques alternatifs, comme l’utilisation de composés dérivés de produits de désinfection de l’eau.
Ces méthodes utilisent notamment des polymères riches en soufre capables de capter sélectivement l’or, même dans des mélanges complexes. Ces techniques évitent les substances les plus dangereuses.
Aujourd’hui encore, l’extraction minière repose souvent sur le cyanure ou le mercure. Ce dernier est responsable d’une pollution massive : jusqu’à 33 % des mineurs artisanaux souffrent d’intoxication liée aux vapeurs de mercure.
De l'or...plus durable ?
L’ouverture d’une usine au Pays de Galles par la Royal Mint illustre le passage à l’échelle industrielle. Cette installation pourra traiter jusqu’à 4 000 tonnes de circuits imprimés par an et récupérer environ 500 kilogrammes d’or chaque année, ainsi que de l’argent et du cuivre.
Cette approche s’inscrit dans ce que l’on appelle l’économie circulaire : au lieu d’extraire toujours plus de ressources naturelles, on valorise celles déjà présentes dans nos déchets. Une manière concrète de réduire la pression sur les écosystèmes, les émissions de CO₂ et la déforestation liée à l’exploitation minière.
Bien sûr, des défis restent à relever : passer à grande échelle, garantir des coûts compétitifs et intégrer ces technologies dans les filières existantes.
Références de l'article
Mann, M., Nicholls, T. P., Patel, H. D., Lisboa, L. S., & Chalker, J. M. (2025). Sustainable gold extraction from ore and electronic waste. Nature Sustainability, 8(8), 947–956. https://doi.org/10.1038/s41893-025-01586-w
La rédaction de Science & Vie. (2026, 23 février). Des déchets électroniques transformés en or, l’innovation de la Royal Mint. Science & Vie.