Vous pouvez aider la science à quantifier l’évolution de la population d’insectes grâce à votre smartphone

Quantifier les insectes écrasés sur la plaque d’immatriculation pour obtenir des informations essentielles sur leur population, c’est l’idée de l’application français Bugs Matter. Et pour cela, les créateurs ont besoin des conducteurs.

De nombreux insectes finissent écrasés sur notre plaque d'immatriculation
De nombreux insectes finissent écrasés sur notre plaque d'immatriculation

Abeilles et trafic. Qui n’a jamais remarqué sa plaque minéralogique recouverte d’insectes écrasés à l’arrivée, après un long voyage en voiture ? Une situation qui est d’autant plus vraie lorsque l’on quitte la ville pour la campagne. Des scientifiques se sont aperçus du phénomène et ont créé une façon pour les particuliers de participer à la collecte d’informations concernant les insectes. L’application française Bugs Matter (comprenez, “les insectes, ça compte”) travaille en ce sens-là.

Une application pour quantifier les insectes écrasés sur la plaque minéralogique

Les créateurs de Bugs Matter veulent demander aux conducteurs de télécharger l’application Bugs Matter et de la mettre en route dès lors qu’ils se préparent à un trajet en voiture. Une fois arrivée à destination, il leur suffit de faire une photo de la plaque d’immatriculation et de l’envoyer directement sur l’application pour constater le résultat. Objectif : quantifier le nombre d’insectes écrasés sur la plaque, mais aussi étudier l’évolution du nombre d'individus sur une période donnée.

Les professionnels envisagent plusieurs milliers de participants

Grégoire Loïs est co-directeur de Vigie-Nature et adhère complètement à l’idée. « On s’interdisait des programmes que l’on considérait un peu morbides, comme de compter les animaux morts au bord des routes. Néanmoins, l’idée de cette application est tellement géniale que l’on a sauté le pas [...] Avec Bugs Matter, nous tablons sur des milliers et milliers de participants qui vont parcourir des millions de kilomètres », déclare-t-il. Une collecte d'informations massive qui enthousiasme les créateurs de l’application.

Pour Anne Dozières, directrice de Vigie-Nature, l’idée du partage d’informations est parfaite pour faire avancer la science, mais aussi les mentalités. « Cela change les rapports entre la science et la société. Les impacts de la science participative sur ceux qui la pratiquent sont majeurs en termes de connaissances, mais aussi de changement de regard sur l’environnement ». Un changement nécessaire, d’autant qu’il y a encore de l’espoir, pour Gilles Bloch, président du Muséum national d’Histoire naturelle.

Il suffit d'activer l'application lors d'un trajet en voiture
Il suffit d'activer l'application lors d'un trajet en voiture

« Il n’est jamais trop tard, on est face à une population dont une partie peut se régénérer », affirme-t-il. Mais pour le chercheur Colin Fontaine, l’urgence est bien présente. Il parle d’une diminution, entre 1990 et 2015, par cinq du nombre d’individus. Une baisse réelle et conséquente. Du moucheron à l’abeille, en passant par le papillon de nuit, nombreux sont ceux qui ne survivent pas à nos trajets en voiture.

« Avec Bugs Matter, nous tablons sur des milliers et milliers de participants qui vont parcourir des millions de kilomètres », affirme Grégoire Loïs. Les créateurs espèrent également la participation des usagers de transports en commun qui peuvent aussi télécharger l’application et, une fois le trajet terminé, prendre en photo l’avant du bus, par exemple. Simple, rapide et gratuite, cette application vous permet de participer à un projet scientifique.

Référence de l’article :

Vacances : Compter les insectes éclatés sur votre plaque minéralogique pour aider la science, ça vous dit ?