Et si le sang-froid pouvait s’acquérir et se travailler ? C’est ce qu’affirment les scientifiques

Garder son sang-froid, en toutes circonstances, n’est pas une caractéristique de notre personnalité. C’est une chose qui s'acquiert et se travaille au fil du temps, selon les scientifiques.

Les sportifs s'adonnent à une préparation mentale précise
Les sportifs s'adonnent à une préparation mentale précise

Athlètes et pression. Les grands sportifs relèvent d’une catégorie de personnes particulièrement sujette au stress. Stress psychologique ou stress musculaire, ils se doivent de faire face à cette composante inévitable de leur carrière. Car oui, ils ne sont pas exemptés. Ils doivent, comme nous, vivre avec. La différence, c’est que, pour exceller dans leur domaine, ils se doivent de trouver une méthode éprouvée pour gérer ce stress quotidien, aussi bien lors des entraînements que lors des compétitions.

Mais alors, comment les grands sportifs gèrent-ils leur stress ?

L’une des techniques les plus utilisées en compétitions, chez les athlètes, c’est la visualisation. En quoi cela consiste-t-il ? Il s’agit d’imaginer tous les scénarios possibles lors de l'exécution de la performance. En somme : que pourrait-il potentiellement arriver ? Réussite, échec, obstacle… Le sportif ne laisse rien au hasard et visualise toutes les issues possibles dans un seul et unique but : être préparé à toute éventualité et ainsi, pouvoir rebondir dans le pire des scénarios.

La capacité à garder son sang-froid, une aptitude à acquérir plutôt qu’un trait de caractère

Le nageur américain Michael Phelps avait d’ailleurs évoqué cet exercice de visualisation mentale en interview. « Fais la course de trois façons différentes dans ta tête. S'il se passe quelque chose, tu l'auras déjà imaginé », avait-il expliqué. C’est ainsi que lors des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016, lorsque son bonnet de bain se déchire quelques minutes avant de plonger, Phelps réagit immédiatement et remporte l’or. Selon les scientifiques, ce sang-froid, ça se travaille.

« On pense souvent que la performance dépend seulement de l'apprentissage moteur, de l'apprentissage de mouvements répétés, mais vous ne faites jamais ces mouvements isolément. Vous les effectuez pendant que le cerveau traite des motivations et ce traitement change ce que le corps fait sous pression » précise le neuroscientifique Vikram Chib. C’est grâce à la VFC (variabilité de la fréquence cardiaque) que les chercheurs peuvent traquer le niveau d’adaptation et de stress d’un sportif.

Le sang-froid serait une aptitude à acquérir
Le sang-froid serait une aptitude à acquérir

Objectif : savoir si ce dernier peut gérer son stress et faire en sorte de calmer son système interne pour qu’il revienne à la normale après un enjeu important, comme une compétition, par exemple. Une autre composante, liée à cette capacité, fait également partie du processus, l'intéroception. Il s’agit de la faculté que nous avons à ressentir, à l’intérieur de nous, les signaux pouvant indiquer, par exemple, un stress. Un rythme cardiaque qui s'accélère, une respiration de plus en plus haletante…

C’est une capacité extrêmement précieuse pour le sportif, car elle peut alerter ce dernier que quelque chose ne va pas. Il peut donc ainsi reprendre le contrôle plus sereinement grâce à différents exercices. La psychologue sportif explique pourquoi le cerveau ne se met jamais sur pause. « Notre esprit essaie automatiquement de nous protéger en recherchant dans notre environnement tout ce dont nous avons besoin pour nous protéger. Même quand quelqu'un fait une super performance, son esprit continue d'agir ainsi ». Selon les chercheurs, la meilleure façon de contrer la pression, c’est de voir la performance comme quelque chose de normal du quotidien.

Référence de l’article :

Comment les athlètes se préparent-ils à la pression des grandes compétitions ?