Votre salle de bain regorge probablement de produits ayant des composés chimiques

Nos produits cosmétiques du quotidien comportent de nombreuses substances jugées toxiques et potentiellement dangereuses. Pourtant, les industriels demandent des règles plus souples concernant ces substances chimiques.

Remplacer les produits par des alternatives non toxiques
Remplacer les produits par des alternatives non toxiques

Cosmétiques polluants. Il est de notoriété publique que les polluants sont partout dans notre quotidien. On les retrouve dans l’air, dans la nourriture, dans les produits ménagers et, bien évidemment, dans nos produits cosmétiques Pas seulement le maquillage, mais même dans les produits les plus basiques. On parle ici des shampoings, des dentifrices ou encore, des crèmes de jour… Bref, ces choses que l’on utilise au quotidien et qui contiennent des substances nocives pour notre organisme sur le long terme.

Des substances chimiques, même dans nos cosmétiques essentiels

On parle également de ces articles beauté se vantant d’être « testé sous contrôle dermatologique », adaptés aux « peaux sensibles » ou encore, « hypoallergéniques ». Mais le sont-ils vraiment ? Pas si sûr. En effet, plusieurs groupes de consommateurs, à l’image du groupe Que Choisir Ensemble, ont minutieusement étudié ces produits. Ils affirment que certaines marques déposent ces mentions sur certains produits alors que ces derniers ne nous protègent pas plus que d’autres produits.

Les industriels demandent, malgré tout, un assouplissement des règles liées à ces substances chimiques

Une étude a été menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec l’Université Grenoble-Alpes et avec le Centre national de la recherche scientifique CNRS. Pour cette étude, une centaine de jeunes femmes a accepté de ne plus utiliser leurs produits cosmétiques non essentiels et de les remplacer par des alternatives considérées comme non nocives. Le test a duré 5 jours. A la fin de cette période, les chercheurs ont pu observer les résultats.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres sont particulièrement parlants. Les scientifiques ont récolté les urines des volontaires. En moyenne, les échantillons montraient 64% de phénoxyéthanol en moins ; 22% de phtalate de monoéthyle en moins ; 30% de méthylparabène en moins. Et surtout, 39% de bisphénol A en moins, ce qui est étonnant, puisque cette substance est censée avoir été interdite en 2015. Alors, pourquoi la retrouve-t-on toujours dans les urines ?

Même nos produits essentiels sont concernés
Même nos produits essentiels sont concernés

Pour Claire Philippat, co-autrice de l’étude, il est possible que l’on trouve des traces de ce composé à cause d’une possible contamination via la fabrication ou via les emballages. Mais ceci n’est pas irréversible et on peut inverser la vapeur. « Si vous parvenez à limiter votre utilisation de produits de soin et cosmétiques, il y a une probabilité élevée pour que votre exposition aux polluants chimiques diminue rapidement », explique-t-elle. Et c’est bien ce que les chiffres tendent à prouver.

Le problème, c’est que le Parlement européen étudie en ce moment une série de textes appelée "Omnibus VI". Objectif de ces textes : assouplir les règles concernant l’usage de ces composés chimiques dans les cosmétiques. « Le fait de ne pas prendre de mesures efficaces pour limiter les effets nocifs de l’exposition aux substances dangereuses sur la santé et le bien-être humain est une violation des obligations des États à respecter et protéger et mettre en oeuvre les droits des êtres humains » avait alors répondu le Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, l’année dernière.

Référence de l’article :

Cosmétiques : pourquoi il faut faire le tri dans votre salle de bain