Grande America : vers une marée noire sur les côtes atlantiques ?

Après le naufrage du navire italien « Grande America » dans le golfe de Gascogne, deux nappes d’hydrocarbures ont été repérées au large des côtes charentaises qu’elles devraient atteindre la semaine prochaine.

Guillaume Woznica Guillaume Woznica 15 Mars 2019 - 09:38 UTC
Le "Grande America", qui a subi un incendie pendant 48h, a coulé mardi après-midi à 330 km des côtes.
Le "Grande America", qui a subi un incendie pendant 48h, a coulé mardi après-midi à 330 km des côtes.

Sommes-nous à l’aube d’une catastrophe écologique ? L’inquiétude est réelle depuis le naufrage du navire battant pavillon italien, le « Grande America », mardi après-midi à plus de 300 km du littoral atlantique. Il a coulé par 4600 mètres de fond, avec sa cargaison composée de plus de 2000 voitures et de 365 conteneurs dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses. Par ailleurs, il avait dans ses soutes quelque 2.200 tonnes de fuel lourd qui était le carburant de propulsion. Si la cargaison du navire a coulé avec lui, le fuel est pour sa part en train de se répandre dans le golfe de Gascogne, laissant craindre un risque imminent de pollution maritime.

Deux nappes de 9 et 13 km de long sur 7 km de large

La préfecture maritime de l’Atlantique a annoncé jeudi après-midi la localisation de deux nappes d’hydrocarbures de 63 km² et de 91 km² à proximité de lieu du naufrage du Grande America. Poussées par des vents dominants de secteur ouest soufflant entre 60 et 80 km/h et une forte houle de secteur ouest à nord-ouest avec des vagues atteignant 5 à 6 mètres, elles se dirigent vers le littoral à une moyenne de 1 à 2 km/h. Ainsi, l’arrivée des nappes et de leurs résidus est prévue entre au plus tard en milieu de semaine prochaine. Les côtes de Charente-Maritime et de Gironde risquent d’être les plus touchées, le sud de la Vendée et le littoral landais pourraient également être concernés.

Des doutes subsistent néanmoins sur les quantités qui se sont déversées dans l’océan et si ce fioul continuera à s’échapper du navire au cours des prochains jours. De même, quelques 100 tonnes de bidons d’acide chlorhydrique et 70 tonnes d’acide sulfurique composent la cargaison. S’ils venaient à se déverser dans le golfe de Gascogne, la pollution resterait très localisée tant la quantité d’acide est « infime » par rapport au volume de l’océan. Les conséquences sur l’écosystème seront ainsi nettement plus limitées que celles du fioul sur la faune et la flore.

Des voitures, des conteneurs et 2.200 litres de fioul composent la cargaison du navire italien.
Des voitures, des conteneurs et 2.200 litres de fioul composent la cargaison du navire italien.

Grandes marées la semaine prochaine

Autre inquiétude, elle concerne les grandes marées qui sont attendues la semaine prochaine avec des coefficients supérieurs à 100 dès mercredi et qui atteindront 115 vendredi. Ces marées d’équinoxe auront pour conséquences des vagues et des mouvements en surface comme en profondeur nettement plus importants qu’en temps normal, ce qui contribuera à la dispersion de la nappe de fioul. Ainsi, les quantités de fioul en un endroit donné seront moins importantes mais la zone géographique touchée par la pollution sera beaucoup plus étendue.

Si l’état de mer restera dégradé la semaine prochaine, les conditions météo vont en revanche s’améliorer avec un vent faiblissant nettement par rapport à ces derniers jours et ne dépassant plus 40 km/h en rafales. Avec le retour de l’anticyclone sur le pays, le vent tournera même au secteur nord-est, une direction nettement plus favorable pour nos côtes.

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