Les scientifiques découvrent qu’il y a une vie marine sous le plancher océanique
Une vie en dessous du plancher océanique a été découverte par les scientifiques. On pensait jusqu’à présent que toute forme de vie était quasi impossible à cause des conditions extrêmes de cet environnement. Et pourtant…

Vie sous-marine. Les animaux terrestres impressionnent. Les animaux marins fascinent. Mais qu’en est-il des espèces cachées sous le plancher océanique ? Si les scientifiques connaissaient l’existence de microbes dans cette zone, la présence de vers ou encore d’escargots laisse à penser que des animaux plus grands vivent également sous ce plancher. Pourtant, les recherches scientifiques expliquent actuellement que ce plancher est presque totalement inhabitable.
Sans aucune lumière, ce sont les nutriments qui permettent la survie
En revanche, c’est tout un écosystème qui vit à côté des cheminées hydrothermales. Il s’agit d’une structure se développant à partir de fissures dans le fond de l’océan, où l’eau et du magma se mélangent, créant un fluide chaud. Plusieurs espèces ont été observées près de ces cheminées, telles que des crabes, des moules ou encore, des vers tubicoles. « L’écosystème des cheminées [hydrothermales] dans cette zone ne se limite pas à ce que nous voyons au-dessus, il inclut également la vie du sous-sol », affirme Sabine Gollner, biologiste marine.
Ces animaux capables de survivre dans cet environnement sont appelés “extrêmophiles”
Ces espèces sont en effet aptes à survivre dans des conditions extrêmes, aussi bien liées à la température qu’à la pression. C’est grâce aux nutriments présents qu’ils peuvent continuer à vivre. L’existence de ces animaux a été révélée en 2023, lorsque l’équipe de la biologiste a fait descendre un robot à 2 515 mètres de profondeur, près de ces cheminées. Ce robot a découvert des larves de vers tubicoles sous le plancher, ainsi que des trous d’environ dix centimètres de profondeur, où d’autres espèces se dissimulaient.
« Nous ignorons l’étendue de ces petites grottes connectées, nous n’avons aucune idée de toute la biodiversité ou biomasse effectivement présente sous le sol. Il y a une tout autre strate ici, littéralement », explique la géologue Rachel Lauer. Et d’ajouter : « Chaque [nouvelle] étude ne fait que confirmer tout ce que nous ignorons encore sur le plancher océanique ». La scientifique confirme que les données sont, pour le moment, limitées et que des recherches plus intenses seraient plus que bienvenues.

Les scientifiques s’accordent sur l’importance de protéger ce monde sous-marin à part, notamment de l’exploitation minière, car ces zones regorgent de certains minéraux nécessaires pour la fabrication de nouvelles technologies. Les organismes de défense de l’environnement pointent déjà du doigt les intentions des compagnies intéressées par ces minéraux. « Nous devons au moins comprendre ce qui se trouve là avant de potentiellement détruire ces habitats », demande la biologiste Heather Olins.
Les scientifiques se joignent à ces organismes. Cette découverte est trop importante pour détruire cet environnement. Cela pourrait aussi donner des informations à plus large échelle, assure Heather Olins. « Nous savons qu’il y a une activité volcanique, et un océan. Il n’y a pas de raison qu’il n’existe pas ailleurs dans notre système solaire de vie semblable à celle qui se développe dans les cheminées hydrothermales ».