Notre corps s’adapte génétiquement à notre environnement, comme pour ces plongeurs

Certains peuples du monde ont développé des mutations génétiques afin de s’adapter à leur environnement, plus ou moins hostile. C’est le cas des Bajau, peuple nomade des mers, qui plongent et restent sous l’eau pendant un long moment.

Pouvoir retenir sa respiration pendant une dizaine de minutes
Pouvoir retenir sa respiration pendant une dizaine de minutes

Super pouvoir. Non, cela ne fait pas uniquement référence aux super-héros et à la science-fiction. Cela concerne aussi la réalité dans laquelle nous vivons. Certains êtres humains ont dû (et parfois, doivent toujours) s’adapter à leur environnement. Pour cela, ils développent au fil du temps, une capacité particulière, ou même, voient l’un de leurs organes “muter” pour s’accoutumer à l’altitude, au froid ou encore, à la chaleur… Ces peuples vivent un peu partout dans le monde.

Les Bajau plongent entre l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines

A titre d’exemple, les Sherpas, au Népal, ont un faible niveau de globules rouges, afin de mieux utiliser l’oxygène en altitude. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir su développer des capacités physiques extraordinaires pour vivre dans des conditions extrêmes. Le peuple Bajau, aussi appelé “nomades des mers”, a développé une faculté étonnante pour la plongée et l’apnée. Leur objectif : récupérer dans les fonds marins du poisson et tout ce qui pourrait être utilisé pour l’artisanat local.

Un peuple vivant en mer depuis des centaines d’années

Une étude est parue dans la revue Cell concernant leurs étonnantes aptitudes. Melissa Llardo est l'autrice de cette étude. Elle raconte sa rencontre et ses interactions avec les Bajau. « Je voulais d'abord rencontrer la communauté, pas seulement me présenter avec du matériel scientifique, faire des tests et repartir. Lors de la deuxième visite, j'ai apporté une machine à ultrasons portable et des kits d'échantillonnage. Nous avons rencontré plusieurs personnes et avons scanné leurs rates. »

En effet, la rate est un organe clé dans ce contexte car, même s’il est possible de vivre sans, elle permet le renouvellement des globules rouges. Des études plus anciennes ont fait montre d’une rate bien plus importante chez les phoques, qui sont eux-mêmes des mammifères marins. Se pourrait-il que les Bajau aient bénéficié de la sélection naturelle pour pouvoir plonger dans les profondeurs plus facilement ? Pour Melissa Llardo, la possibilité est bien présente.

Avoir une capacité d'adaptation étonnante pour la haute altitude
Avoir une capacité d'adaptation étonnante pour la haute altitude

Certains individus peuvent plonger jusqu’à 60 mètres de profondeur et rester sous l’eau pendant environ 13 minutes. Un record ! Mais les scientifiques ne s’intéressent pas uniquement à la rate. D’autres parties du corps humain peuvent également entrer en jeu, selon Richard Moon, qui se penche sur la réaction de notre organisme face à l’altitude, mais également aux profondeurs. Une plongée entraîne une augmentation de la pression et donc, du volume des vaisseaux sanguins.

« La cage thoracique peut elle aussi s'adapter. Un espace supplémentaire pourrait se créer au cours de votre entraînement. Le diaphragme pourrait s'étirer. Les abdominaux pourraient eux aussi s'adapter. Nous ne savons pas vraiment si c'est le cas ici », explique-t-il. Les chercheurs souhaitent effectuer plus de recherches sur le sujet, afin de confirmer leurs hypothèses. A long terme, ils espèrent faire évoluer la médecine et avancer la science grâce à ces peuples aux aptitudes hors du commun.

Références de l’article :

Les nomades de la mer, premiers Hommes génétiquement adaptés à la plongée