Climat : pourquoi il ne faut plus avoir peur du grand méchant loup, bien au contraire ?

La découverte vient de chez nos voisins écossais : le retour du prédateur disparu depuis plus de deux siècles pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique selon des chercheurs. De quoi vouloir s'en faire un allié plutôt qu'un ennemi.

On dénombre près d'un millier de loups sur le territoire français, un chiffre stable depuis ces dernières années.
On dénombre près d'un millier de loups sur le territoire français, un chiffre stable depuis ces dernières années.

Alors que la France vient de faire passer à 21% le nombre de loups pouvant être abattus sur son territoire (soit 227 individus), contre 19% auparavant (192 loups), des chercheurs écossais plaident à l'inverse le soutien de la réintroduction du prédateurs dans les Highlands, après avoir disparu il y a près de 250 ans, exterminé par l’Homme.

Qu'est-ce que le loup peut apporter à la biodiversité ?

L'absence du loup engendre de forts déséquilibres dans les espaces naturels tels que les forêts. Son absence du sol écossais a entrainé une explosion des populations de cerfs dont on compte aujourd'hui près de 400 000 individus. Leur présence sur-abondante impacte directement l'environnement : en broutant de manière excessive les jeunes pousses, les cerfs empêchent la régénération naturelle des forêts.

Selon les modélisations des chercheurs de l'Université de Leeds, une population d’environ 167 loups suffirait à favoriser naturellement la régulation des populations de cerfs et par conséquent, la régénération des forêts indigènes, permettant d’absorber jusqu’à un million de tonnes de CO₂ par an. Le loup aurait donc un rôle crucial dans les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique.

Quels autres avantages au retour du loup ?

Au-delà des bienfaits économiques, environnementaux et sanitaires qu'apporterait le retour du loup, l'Ecosse pourrait aussi assister à l’essor de l’écotourisme avec l'organisation de safaris animaliers et de randonnées guidées, axées sur la faune sauvage. Ce serait l'occasion de sensibiliser davantage à la préservation de la biodiversité.

Pourtant en Écosse, la réintroduction du loup fait débat. Comme en France, les éleveurs craignent pour leurs troupeaux et leur rendement. Des exemples en Europe montrent que la coexistence est possible. La population européenne de loups dépasse aujourd’hui 12 000 individus, occupant 67 % de leur ancien territoire.

Des pays densément peuplés comme les Pays-Bas ou l’Allemagne ont réussi à réintroduire le loup en mettant en place des politiques de compensation et de protection du bétail. En France, les éleveurs pourront désormais effectuer un tir de défense, que leur élevage bénéficie déjà de mesures de protection ou non.

La situation inquiète les associations de défense de l'espèce et de la biodiversité plus largement. Actuellement en France, on dénombre près d'un millier de loups sur le territoire. Un chiffre resté stable ces dernières années avec 1082 en 2025 et 1013 en 2024. Les spécialistes continuent de fustiger un État qui ne prend pas en compte l'avis des scientifiques et des études qu'il a lui-même commandées.

Références de l'article :

SciencePost, Le retour de ce prédateur en Écosse pourrait tout changer pour le climat

BFMTV, Population de loups en France: la hausse du plafond d’abattage met-elle l’espèce en danger?