Retour d'El Niño : temps extrême et températures élevées attendues dans le monde. Quelles conséquences en France ?

Le phénomène climatique El Niño devrait se mettre en place dans les prochains mois du côté du Pacifique avec des conséquences parfois notables sur le climat mondial. La France sera-t-elle concernée ?

Quelles seront les conséquences du retour d'El Niño au niveau mondial ? Et en France ?
Quelles seront les conséquences du retour d'El Niño au niveau mondial ? Et en France ?

Alors que La Niña s'estompe peu à peu, les modèles climatiques envisagent maintenant le retour d'El Niño, un phénomène qui ne sera pas sans conséquence pour de nombreuses régions du globe.

Un Super El Niño ?

L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique a récemment publié ses dernières projections climatiques. Selon elle, la probabilité de voir un épisode El Niño se mettre en place entre juillet et septembre 2026 atteint maintenant 50 à 60%, une tendance qui a d'ailleurs été confirmée par l'Organisation Météorologique Mondiale le 3 mars dernier.

Ces épisodes El Niño sont parfaitement naturels et cycliques. Ceux-ci se produisent lorsque les eaux de surface se réchauffent près des côtes de l'Amérique du Sud, ce qui modifie les échanges d'énergie entre l'océan et l'atmosphère. Dans ces conditions, l'océan libère davantage d'énergie, ce qui a tendance à réchauffer l'atmosphère.

En effet, les épisodes d'El Niño ont en effet pour conséquence, entre autres, de provoquer une augmentation globale et ponctuelle des températures moyennes, de l'ordre de +0,1 à +0,2°C. Le dernier épisode en date, s'étant produit en 2023-2024 avait notamment engendré une nette augmentation des températures à l'échelle du globe. 2024 fut d'ailleurs l'année la plus chaude enregistrée sur Terre depuis le début des relevés météorologiques.

Cette augmentation des températures peut être d'autant plus importante lors des épisodes de « Super El Niño ». En temps normal, El Niño se caractérise par une augmentation d'environ +0,8°C des eaux du Pacifique Equatorial, mais cette augmentation dépasse les +2°C lors d'épisodes de Super El Niño. Or, certains modèles de prévisions envisagent justement un possible épisode de ce type cette année.

Plus de la moitié des scénarios du modèle européen ECMWF envisagent par exemple en Super El Niño dès cet été, tandis que Ben Noll, un expert météo et climat néo-zélandais estime qu'il y a environ 20% de chances pour que le prochain El Niño soit un Super El Niño et 80% de chances que l'on assiste à un épisode d'El Niño « fort », comme ce fut le cas pour celui de 2023-2024.

Quelles conséquences ?

Comme évoqué précédemment, El Niño a notamment pour effet d'engendrer une augmentation temporaire des températures mondiales, ce qui favorise la survenue d'épisodes de chaleur encore plus intenses. On note également qu'une accentuation de la chaleur permet à l'atmosphère de contenir plus d'humidité, ce qui favorise donc également la survenue d'épisodes diluviens.

Au niveau régional, les conséquences d'El Niño sont diverses et variées. On note par exemple un temps plus sec et chaud entre l'Océanie et le sud-est asiatique, ainsi que sur une partie de l'Afrique et du Moyen-Orient et entre l'Alaska et le Canada, mais également un temps plus humide et moins chaud sur une large partie est des États-Unis, l'Amérique du Sud ou encore le nord-est de l'Asie.

En Atlantique les conséquences d'El Niño sont globalement positives car ce phénomène climatique a pour effet de diminuer le nombre de cyclones sur l'Atlantique Nord à cause notamment de cisaillements d'altitudes plus importants, ce qui réduit donc drastiquement le risque d'impacts d'ouragans sur les terres entre les Antilles et le sud des États-Unis.

Du coté de l'Europe et donc de la France, les effets d'El Niño sont plus limités et surtout plus discutés. Néanmoins, on estime que ce type d'épisode a tendance à favoriser des flux d'ouest persistant sur l'Europe de l'ouest en hiver, ce qui apporte un temps plus humide mais aussi plus régulièrement doux.

En été, les conséquences sur la France et l'Europe sont plus incertaines et sont encore étudiées et débattues par la communauté scientifique. Dans une tendance globale de réchauffement, il est toutefois probable qu'El Niño favorise des températures plus régulièrement chaudes sur nos régions avec donc un risque d'épisode caniculaire sensiblement plus accru.