Météo en France : les signaux vers une canicule durable s’accumulent, voici les régions concernées

Le doute n'est désormais pratiquement plus permis : la probabilité d'une canicule devient très importante en France à partir de mercredi. Sur quels signaux se base-t-on pour l'affirmer ? Quelles régions seront concernées en premier ?

Les prévisions météo pour la semaine prochaine deviennent clairement très alarmantes. Depuis hier soir, tous les modèles météo, même ceux utilisant l'intelligence artificielle, s'accordent pour voir l'arrivée d'une masse d'air bouillante sur la France à partir de la journée de mercredi. Des températures exceptionnelles s'annoncent, et cela pourrait durer. Il faut s'y préparer.

Une chaleur de plus en plus intense

Hier, samedi, les températures ont grimpé jusqu'à 37°C à Narbonne, dans l'Aude. Certains ont tendance à relativiser ces chaleurs, mais il faut se rappeler qu'il y a une vingtaine d'année, ces valeurs n'étaient même pas atteintes au cœur de l'été, alors autant dire que les atteindre un 13 juin est déjà remarquable. Ce dimanche, on attend encore des pointes à plus de 35°C entre l'Aquitaine, le Languedoc et l'intérieur de la Provence.

Mardi après-midi, les fortes chaleurs vont gagner une large partie du pays, avec des pointes à 33°C jusqu'au Centre-Val-de-Loire.
Mardi après-midi, les fortes chaleurs vont gagner une large partie du pays, avec des pointes à 33°C jusqu'au Centre-Val-de-Loire.

Lundi, les températures seront globalement les mêmes que celles de ce dimanche, avec même une légère progression sur la moitié Nord. Les plus fortes chaleurs concerneront le Sud-Ouest, avec des températures évoluant entre 33 et 36°C. Les températures minimales remonteront aussi, encore fraîches sur le Nord et le Nord-Est, mais déjà comprises entre 16 et 20°C du Sud de la Bretagne au Sud-Ouest, et de la vallée du Rhône à la région PACA et à la Corse.

Mardi 16 juin, la chaleur va encore s'intensifier, les 30°C étant aussi atteints dans le Nord-Est, et les nuits devenant plus chaudes sur une grande partie du pays, restant le plus souvent au-dessus de 15°C, et parfois au-dessus de 20°C dans les grandes métropoles, comme à Paris et Nice.

Dans la journée de mercredi 17 juin, l'anticyclone va s'étendre et se renforcer, jusqu'aux Pays-Bas et au Nord de l'Allemagne, emmenant avec lui, dans un flux de Sud à Sud-Ouest, de l'air bouillant (une masse d'air à 20°C à 850 hPa) en provenance d'Algérie et d'Espagne, s'installant sur toute la moitié Sud. Mercredi après-midi, les températures s'approcheront des 36 à 37°C sur une vaste zone allant du Sud-Ouest à la vallée du Rhône.

Vers un solstice d'été historiquement chaud ?

En supposant que la journée de mardi rentre déjà dans les critères au niveau de l'indicateur thermique national, le seuil de la vague de chaleur sera certainement atteint dans la journée de jeudi 18 juin. Mais la vigilance canicule, elle, pourrait être déclenchée bien avant, certaines métropoles du Centre-Est, du Sud-Est et d'Île-de-France pouvant déjà approcher les seuils de canicule, avec des nuits tropicales à plus de 20°C.

Alors que le pic de l'épisode caniculaire risque d'être atteint seulement autour du 21 juin, des pointes à 38°C seront déjà probables jeudi dans le Sud-Ouest.
Alors que le pic de l'épisode caniculaire risque d'être atteint seulement autour du 21 juin, des pointes à 38°C seront déjà probables jeudi dans le Sud-Ouest.

Le mécanisme est cette fois différent de l'épisode de chaleur de mai : pas de dôme de chaleur cette fois, mais une bouffée chaude durable en flux de Sud à Sud-Ouest. Tout le pays pourrait être concerné à partir de jeudi ou vendredi, à l'exception du bord de Manche, plus tempéré par le flux océanique non loin de chez nous. D'ailleurs, cette influence océanique, contrairement à la fin mai, pourrait provoquer des orages, localement et de manière aléatoire selon les jours.

Mais le potentiel de cette probable canicule semble être remarquable : certains modèles voient une masse d'air à 24°C à 850 hPa s'inviter en France autour des 21 et 22 juin, qui pourraient marquer alors le pic de l'épisode. Il s'agit d'une masse d'air correspondant aux plus fortes canicules connues en France. Avec des facteurs aggravants : des sols très secs, un ensoleillement maximal avec les nuits les plus courtes de l'année, et un ressenti plus lourd et plus humide.

Si la première bouffée chaude de jeudi s'annonce déjà remarquable, avec 31 à 38°C sur une grande partie du pays, la deuxième bouffée prévue pour le 21 juin pourrait être exceptionnelle, avec des valeurs supérieures à 40°C dans le Sud-Ouest. Toute la moitié Sud semble être de toute façon en ligne de mire, en-dehors du côtier méditerranéen, sous l'effet des brises. Reste à savoir si cette chaleur très intense gagnera effectivement la moitié Nord : affaire à suivre…