Menace d’une cinquième canicule en France : voici pourquoi il ne faut pas s’emballer
La quatrième canicule de l'année toujours en cours, certes sur une portion plus réduite du territoire, certains alertent déjà sur l'arrivée d'une cinquième canicule en août. Faut-il raisonnablement y croire ? Que disent les modèles météo les plus fiables ?

Depuis quelques heures, certains médias plus ou moins sérieux commencent à communiquer sur le risque d'une cinquième canicule au mois d'août en France. Il est donc temps de faire le point sur ce que nous savons réellement sur ce risque, s'il est plausible ou farfelu, et surtout quand la quatrième canicule en cours pourrait se terminer.
Une porte de sortie vendredi 7 août ?
Avant de savoir si une cinquième canicule a des chances de survenir en France, ce qui serait totalement inédit, du jamais vu (l'été 2023 avait déjà vu quatre canicules, deux en juillet, une en août et une en septembre), il faut déjà savoir comment va évoluer la quatrième, qui s'est installée sur un quart Sud-Est du pays depuis mercredi, le 29 juillet.

Ce samedi, 20 départements seront concernés à partir de midi par la vigilance orange canicule (le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire n'y sont plus, mais le Gard rejoint la liste), en partant de la Franche-Comté pour aller jusqu'à la Corse, en passant par la région Rhône-Alpes et la Provence. Et selon nos dernières prévisions basées sur le modèle européen, cette vigilance canicule n'est pas prête de s'arrêter.
En effet, jusqu'à lundi, des valeurs supérieures à 20°C la nuit sont prévues dans ces départements, et souvent de 33 à 36°C en journée, voire 36 à 39°C localement dans l'intérieur des terres des départements méditerranéens. Mardi, cette canicule pourrait toutefois régresser vers la région PACA et la Corse, mais sans pour autant s'estomper.
Ce n'est qu'à partir du vendredi 7 août, avec toute l'incertitude que ces prévisions comportent à J+6, que la canicule pourrait se terminer, avec le passage d'un thalweg sur la France, et des averses localement orageuses. Nous pourrions alors nous retrouver avec une moyenne de températures l'après-midi de 27°C sur la moitié Nord, et de 30°C sur la moitié Sud, proches à 1°C près des normales de saison d'un début d'août, mais toujours un peu au-dessus.
Des signaux et des facteurs aggravants ?
S'il est déjà difficile de prévoir la fin de la quatrième canicule, il est donc pratiquement impossible d'annoncer avec certitude l'arrivée d'une cinquième. D'autant que pendant cette quatrième canicule, un pic de chaleur pourrait concerner de nombreuses régions entre dimanche et lundi, qu'il est encore difficile de quantifier. D'autres départements pourraient ainsi basculer en vigilance orange canicule…

Un autre scénario possible est que des températures caniculaires gagnent à nouveau d'autres régions du territoire après le 7 août, sans que la canicule du Sud-Est ne soit terminée : nous serions encore bel et bien dans la quatrième… Nous jouons là avec les mots, mais ceci est destiné à vous faire comprendre le risque énorme que prennent certains à parler de cinquième canicule à de telles échéances. Néanmoins, ce n'est pas absurde, et nous devons en parler.
D'abord parce que les masses d'air bouillantes sont toujours à notre porte : des pointes à 47°C sont encore prévues en Algérie mercredi prochain. Si le flux venait à nouveau à tourner au Sud, soit sous l'influence d'un dôme de chaleur, soit à l'avant d'une goutte froide portugaise qui jouerait le rôle de "pompe à chaleur", alors la canicule menacerait à nouveau tout le pays… Des signaux existent en ce sens, mais ils ont tout autant de chances de se produire que le contraire.
Le modèle européen prévoit ainsi la constitution d'un nouveau blocage anticyclonique à partir du 11 août, reste à savoir où il se placera. Par ailleurs, ses prévisions à long terme voient des températures parfois 3 à 4°C au-dessus des normales de saison en France jusqu'au 17 août. C'est sans compter sur la sécheresse extrême de la végétation et des sols, qui accentue la hausse des températures en l'absence d'évapotranspiration. Le risque existe donc, nous verrons s'il s'avère réel après le 7 août…