Les experts météo alertent : les températures actuelles de la mer Méditerranée sont sans précédent depuis au moins 1940
Le mois de mai se termine sur un épisode de chaleur extraordinaire en Espagne et dans une bonne partie de l’Europe, mais la situation est également record dans les eaux de la Méditerranée et de la mer Cantabrique, selon l’AEMET.

Le mois de mai va se terminer sur un épisode de chaleur extraordinaire dans le sud-ouest de l’Europe, qui a battu des centaines de records dans plusieurs pays, dont l’Espagne. Comme nous l’avons déjà expliqué sur Meteored, un dôme de chaleur a recouvert le sud-ouest du continent, provoquant un épisode de chaleur digne du cœur de l’été, particulièrement durable, même si, heureusement, il semble désormais vivre ses derniers jours.
D’ailleurs, la délégation de l’AEMET en Cantabrie a confirmé que cette situation remplit tous les critères pour être considérée comme une vague de chaleur dans la région, une qualification qui pourrait très probablement s’étendre à d’autres communautés du nord de la péninsule. Toutefois, ce qui se passe actuellement dans les mers qui bordent l’Espagne passe davantage inaperçu, alors que des valeurs inédites pour cette période de l’année y sont observées.
Les eaux de la Méditerranée atteignent les 25 °C aux Baléares
Selon les données de Puertos del Estado et du SOCIB, la bouée de Pollença (Majorque) a enregistré hier un pic de 25,5 °C dans les eaux de la baie du même nom. À Dragonera, de l’autre côté de l’île, les températures ont frôlé les 25 °C. C’est tout simplement exceptionnel pour une fin mai, car il s’agit de températures de surface de la mer habituellement observées en juillet en Méditerranée.

La température de l’eau mesurée hier par la bouée de Tarragone fait également l’actualité, puisqu’elle a approché les 24 °C. De son côté, la bouée de Valence a relevé 23 °C, tandis qu’au cap de Palos, l’eau a atteint 22 °C. Ces valeurs se situent entre 3 et 5 °C au-dessus de la moyenne pour cette période de l’année, et cet écart pourrait encore s’accentuer d’ici la fin de la semaine.
Cette hausse très marquée s’explique par la masse d’air extrêmement chaude qui survole actuellement la Méditerranée occidentale et le sud-ouest de l’Europe. À cela s’ajoutent les journées les plus longues de l’année ainsi que des vents faibles, des conditions idéales pour favoriser une hausse rapide des températures de la mer
La situation est également extrêmement anormale dans la mer Cantabrique, où les températures de l’eau atteignent actuellement 19 à 21 °C, avec des valeurs encore plus élevées dans le golfe de Gascogne. La bouée de Pasaia a même mesuré hier un pic de près de 23 °C, une valeur très proche de celles relevées en Méditerranée évoquées précédemment. Dans certaines zones de la mer Cantabrique, la température de l’eau se situe jusqu’à 6 °C au-dessus de la moyenne de saison.
Une situation inédite pour cette période de l’année, mais des changements se profilent
La délégation de l’AEMET de la Communauté valencienne a confirmé il y a quelques heures que, dans le secteur de Valence, aucun précédent comparable n’avait été observé dans les eaux de la Méditerranée à la fin du mois de mai depuis le début des mesures, ce qui donne une idée de l’ampleur de cet épisode. Par ailleurs, les graphiques du SOCIB montrent que cette situation concerne presque l’ensemble du bassin occidental de la Méditerranée.
A final de abril también se registró el máximo histórico de temperatura superficial del agua del mar de ese mes en la boya de València. Los registros actuales no tienen precedentes desde, al menos, 1940 a esta alturas del año. pic.twitter.com/PmrD54jwR2
— AEMET Comunitat Valenciana (@AEMET_CValencia) May 28, 2026
Cela signifie que les brises marines sont moins efficaces, que les nuits tropicales deviennent plus probables et que la mer constitue déjà un véritable carburant printanier en cas de situations instables, sans oublier les conséquences sur la faune et la flore locales.
Cela dit, un net rafraîchissement est attendu la semaine prochaine, accompagné d’une circulation du vent plus soutenue. Tout porte donc à croire que, heureusement, nos mers devraient perdre une partie de leur chaleur.