Le phénomène El Niño est désormais une réalité : un expert météorologue analyse ses effets cet été et à l'automne
La NOAA a confirmé il y a quelques jours que le phénomène El Niño s'est officiellement installé dans l'océan Pacifique : nous analysons ses possibles répercussions sur le temps en Espagne au cours des prochains mois.

Aujourd'hui, c'est officiel : le phénomène El Niño est désormais une réalité. La confirmation provient de la NOAA, qui a annoncé jeudi dernier l'installation de ce phénomène.
Selon les prévisions, il devrait atteindre son intensité maximale entre l'automne et l'hiver 2026-2027. Beaucoup s'interrogent sur les effets que ce phénomène du Pacifique pourrait avoir sur le climat de l'Espagne, en particulier à l'automne.
Pourquoi El Niño ne détermine pas à lui seul le temps en Espagne
El Niño est un phénomène très puissant qui réchauffe les eaux de l'océan Pacifique équatorial, modifiant la circulation atmosphérique à l'échelle mondiale. Cependant, son influence sur l'Europe et le bassin méditerranéen est indirecte et dépend de nombreux autres facteurs.
Pour le moment, le phénomène se limite essentiellement à la surface de l'océan, même si une importante quantité de chaleur s'est déjà accumulée sous la surface. Pour qu'il ait un impact sur la circulation atmosphérique, il faudra encore attendre la réponse de l'atmosphère.
Une influence indirecte sur le bassin méditerranéen
Comme nous l'avons déjà expliqué, El Niño doit toujours « demander la permission » à la circulation atmosphérique dominante entre l'Atlantique et l'Europe avant de pouvoir exercer une influence directe sur le temps observé sous nos latitudes.

Cela signifie que le schéma global induit par El Niño peut favoriser ou défavoriser certaines configurations atmosphériques, mais c'est la circulation locale, dominante sur la zone euro-atlantique, qui détermine réellement le temps.
Des facteurs tels que la position de l'anticyclone des Açores, celle du courant-jet polaire ainsi que l'oscillation nord-atlantique (NAO) ont le dernier mot sur les conditions météorologiques attendues en Espagne.
Sans interaction favorable avec ces éléments régionaux, El Niño ne peut à lui seul provoquer ni sécheresses, ni vagues de chaleur, ni pluies torrentielles sur le bassin méditerranéen. Il convient toutefois de souligner qu'El Niño peut influencer de manière significative les ondes de Rossby prenant naissance dans l'océan Pacifique, augmentant ainsi la probabilité de voir apparaître certaines configurations atmosphériques.
Quels sont les effets les plus probables pour l'automne ?
Si l'influence d'El Niño devrait encore rester limitée durant l'été 2026, le phénomène étant encore en phase d'installation et de renforcement, son intensité maximale est attendue entre l'automne et l'hiver. Durant cette période, son influence indirecte pourrait devenir plus marquée.
Les études et analyses indiquent qu'El Niño, en particulier lorsqu'il est intense, peut accroître les probabilités de connaître des périodes de douceur plus longues que la normale, avec des températures au-dessus des normales de saison, notamment en Europe occidentale et méridionale, où se situe l'Espagne.

En ce qui concerne les précipitations, les tendances sont plus incertaines et pourraient favoriser un automne plus instable. Certains précédents historiques montrent en effet une augmentation des précipitations sur le bassin méditerranéen occidental et la péninsule Ibérique.
Toutefois, ces effets restent probabilistes et non déterministes. Un automne plus humide ou plus perturbé n'est donc pas garanti, car tout dépendra en grande partie de la manière dont la NAO et les configurations atmosphériques de l'Atlantique réagiront au forçage exercé par El Niño.
Le facteur du réchauffement climatique
Il est important de ne pas attribuer à El Niño une responsabilité excessive. Les chaleurs anormales et les phénomènes météorologiques extrêmes observés en Espagne et sur le bassin méditerranéen peuvent également se produire lors de phases neutres ou de La Niña. Le réchauffement climatique sous-jacent, lié à l'augmentation des gaz à effet de serre, demeure le principal moteur des tendances observées à long terme.
El Niño peut, au mieux, amplifier ces tendances à certaines périodes de l'année, en favorisant une hausse encore plus marquée des températures moyennes mondiales. À l'échelle de la planète, un épisode El Niño intense contribuerait à faire de la période 2026-2027 l'une des plus chaudes jamais enregistrées.
Mais en ce qui concerne le déroulement de l'automne et du prochain hiver, il faut rappeler que c'est avant tout la circulation atmosphérique euro-atlantique qui domine sous nos latitudes. Les effets finaux dépendront donc principalement de celle-ci.