Le froid d'Europe de l'Est arrive en France : "un creux barométrique rétrograde approche", voici ses conséquences

Le froid d'Europe de l'Est arrive en France : "un creux barométrique rétrograde approche", voici ses conséquences

Une goutte froide circulant depuis l'Europe de l'Est vers la Méditerranée va jouer le rôle de "pompe à froid" en direction de la France, activant un flux d'Est. Mais cela suffira-t-il à nous donner des sensations hivernales précoces ?

Et si la France se mettait à grelotter la semaine prochaine ? Pas impossible, en raison du placement des centres d'action, et du flux qui devrait peu à peu devenir continental. L'anticyclone qui protège notre pays de toutes les perturbations va assez peu bouger dans les prochains jours : aucune pluie importante n'est ainsi prévue sur l'essentiel du pays pendant les 7 prochains jours.

L'anticyclone, centré pour le dimanche de la Toussaint sur les îles britanniques à 1041 hPa, va engendrer un flux d'Est continental frais sur la France.
L'anticyclone, centré pour le dimanche de la Toussaint sur les îles britanniques à 1041 hPa, va engendrer un flux d'Est continental frais sur la France.

L'essentiel, mais pas la totalité : une goutte froide pourrait venir jouer les trouble-fête. Alors qu'elle fera office de "pompe à froid", elle pourrait aussi ramener de l'humidité en Méditerranée, avec de l'instabilité localement dans les régions du Sud-Est. Voici le scénario exact de cette coulée fraîche dans les prochains jours, avec ses conséquences sur le temps sensible sur le plancher des vaches.

Un pic de fraîcheur mercredi avec des gelées ?

Selon le modèle européen, d'ici au dimanche 8 novembre, l'anticyclone, véritable bouclier de hautes pressions anti perturbations, ne devrait pas bouger de place : il devrait rester centré sur les îles britanniques, en perdant toutefois un peu de sa puissance, passant de 1041 hPa à 1025 hPa. Le flux sera donc durablement orienté à l'Est sur la France, avec de l'air en provenance d'Europe de l'Est.

La goutte froide qui va circuler de l'Italie vers le Nord de l'Espagne va, selon le modèle européen, jouer le rôle de "pompe à froid", amenant aussi de l'instabilité près de la Méditerranée.

Dans ce flux d'Est va apparaître une goutte froide, une sorte de creux barométrique dans cet amas de hautes pressions, qui va se décrocher d'un thalweg présent sur les états baltes pour venir se centrer dimanche 1er novembre entre l'Autriche et les Balkans. Elle va adopter un comportement très particulier, appelé "propagation rétrograde", c'est-à-dire qu'au lieu de se déplacer d'Ouest en Est, comme le font souvent les dépressions, elle se déplacera d'Est en Ouest.

Ainsi, son chemin va la faire passer des Balkans à l'Italie, puis du bassin méditerranéen au Nord de l'Espagne, enfin sur le proche Atlantique. Cette petite bébête composée d'air froid et humide en altitude va activer en quelque sorte le flux d'Est, jouant le rôle de "pompe à froid". Néanmoins, nous ne sommes pas encore en plein hiver et les réserves d'air froid sont faibles sur l'Europe de l'Est.

Le flux d'Est sera frais voire froid pour la saison en France lundi, avec des températures jusqu'à 6°C sous les normales de saison.
Le flux d'Est sera frais voire froid pour la saison en France lundi, avec des températures jusqu'à 6°C sous les normales de saison.

On parlera donc simplement de fraîcheur, qui sera toutefois accentuée par la bise d'Est à Nord-Est qui soufflera sur la moitié Nord dès lundi, ainsi que par le mistral dans le Sud-Est. Généralement, les températures sous abri tourneront autour de 3 à 5°C le matin, 11 à 14°C l'après-midi. Des gelées seront donc possibles au lever du jour, et des maximales sous les 10°C seront enregistrées entre le Nord de la Seine et le Nord-Est.

Dans le ciel, un temps généralement calme s'annonce, avec du soleil, après la dissipation des grisailles et brouillards matinaux. Lundi et mardi, on notera quelques averses près des côtes de la Manche, ainsi que de la Côte d'Azur à la Corse, non loin de la goutte froide italienne. Avec son déplacement, ces averses pourraient se diriger entre mercredi et jeudi vers le Languedoc-Roussillon, mais leur intensité est encore difficile à jauger.