La NOAA prévoit moins d’ouragans dans l’Atlantique pour 2026 mais lance un sérieux avertissement : "il suffit d’un seul"

La NOAA prévoit une saison dans l’Atlantique en dessous des normales, mais avec des vents dépassant les 178 km/h et un retournement climatique inattendu. El Niño freinera-t-il les ouragans ?

L’intense saison des ouragans dans l’Atlantique de 2020 a frappé la région avec 30 tempêtes nommées qui ont touché plusieurs pays dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Image satellite : GOES16 - NOAA/NASA/GSFC.
L’intense saison des ouragans dans l’Atlantique de 2020 a frappé la région avec 30 tempêtes nommées qui ont touché plusieurs pays dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Image satellite : GOES16 - NOAA/NASA/GSFC.

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a publié ses prévisions officielles pour la saison des ouragans dans le bassin atlantique, estimant à 55 % la probabilité que la période soit en dessous des normales.

Le rapport ajoute 35 % de chances que la saison soit proche de la moyenne et seulement 10 % qu’elle soit supérieure aux normales, avec au total entre 8 et 14 tempêtes nommées. Parmi elles, entre 3 et 6 deviendraient des ouragans et de 1 à 3 atteindraient une catégorie majeure avec des vents de 178 km/h ou plus.

Une saison moyenne enregistre historiquement 14 tempêtes nommées, 7 ouragans et 3 systèmes majeurs.

Même si les statistiques prévues pour cette année se situent sous cette moyenne, les agences météorologiques ayant déjà publié leurs estimations rappellent que les prévisions restent des outils de préparation quantitative et que les populations vivant dans les zones à risque doivent surveiller quotidiennement l’évolution des perturbations dès le premier jour de juin.

Voici la liste des noms qui seront attribués aux tempêtes et ouragans se développant dans l’Atlantique en 2026 : Arthur, Bertha, Cristobal, Dolly, Edouard, Fay, Gonzalo, Hanna, Isaias, Josephine, Kyle, Leah, Marco, Nana, Omar, Paulette, Rene, Sally, Teddy, Vicky et Wilfred.

L’influence directe du phénomène climatique El Niño

Ce comportement moins actif dans le bassin, dont la saison débute le 1er juin et se termine le 30 novembre, s’explique par des facteurs climatiques opposés, parmi lesquels le développement et l’intensification du phénomène El Niño occupent une place centrale.

Infographie montrant le nombre de tempêtes et d’ouragans nommés prévus durant la saison des ouragans dans l’Atlantique de 2026. Source : NOAA.
Infographie montrant le nombre de tempêtes et d’ouragans nommés prévus durant la saison des ouragans dans l’Atlantique de 2026. Source : NOAA.

Parallèlement, les températures de surface de l’océan Atlantique devraient être légèrement au-dessus des normales de saison et les alizés plus faibles ; des paramètres qui favorisent généralement le développement cyclonique mais qui se heurteront cette fois à l’influence inhibitrice d’El Niño.

Ken Graham, directeur du Service météorologique national de la NOAA, a averti lors d’une conférence de presse que « malgré le fait que l’impact d’El Niño freine généralement le développement des ouragans, des incertitudes demeurent quant à l’évolution finale de la saison ».

Le responsable a insisté sur l’urgence de revoir dès maintenant les plans de préparation familiaux et communautaires, rappelant l’importance d’une vigilance maximale face aux éventuels phénomènes météorologiques après l’impact d’une tempête ou d’un ouragan.

L’ouragan Melissa est l’un des ouragans les plus puissants à avoir traversé l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes. Il a frappé la Jamaïque le 28 octobre 2025 avec des vents soutenus atteignant 298 km/h et une pression centrale de 892 hPa. Crédit image : CSU/CIRA et NOAA.
L’ouragan Melissa est l’un des ouragans les plus puissants à avoir traversé l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes. Il a frappé la Jamaïque le 28 octobre 2025 avec des vents soutenus atteignant 298 km/h et une pression centrale de 892 hPa. Crédit image : CSU/CIRA et NOAA.

Les analyses techniques de la NOAA indiquent qu’El Niño devrait probablement se développer pleinement d’ici juillet 2026 et persister durant l’hiver, modifiant significativement les régimes climatiques mondiaux en réchauffant les eaux du Pacifique et en déplaçant le courant-jet vers le sud.

Repositionnement du courant-jet

Ce changement de position du courant modifiera le comportement côtier aux États-Unis, en élevant le niveau de la mer sur la côte Ouest et en poussant les marées hautes ainsi que la forte houle beaucoup plus loin à l’intérieur des terres.

Par ailleurs, le long du littoral de la côte Est des États-Unis, du Mexique et de l’Atlantique central, le déplacement du courant-jet déviera les trajectoires des systèmes hivernaux et des tempêtes, provoquant une recrudescence des épisodes de surcote marine et d’inondations liées aux marées hautes.

Les météorologues de la NOAA prévoient également que cette configuration atmosphérique engendrera des précipitations nettement au-dessus des normales de saison sur l’ensemble des côtes du golfe du Mexique et dans le sud-est des États-Unis.

Des ouragans plus puissants

Le réchauffement climatique est l’un des facteurs clés qui augmentent la température des océans. Cette hausse thermique sert de « carburant » et intensifie rapidement la puissance des cyclones. Elle provoque des ouragans atteignant plus rapidement des catégories majeures, générant des pluies beaucoup plus torrentielles et causant des inondations plus sévères sur nos côtes.

Référence de l'article :

National Oceanic and Atmospheric Administration May 21, 2026. NOAA predicts below-normal 2026 Atlantic hurricane season, News & Features.