Les vêtements de vos enfants présentent aussi des substances chimiques
Les vêtements de nos enfants présentent également des PFAS, les fameux “polluants éternels” aussi bien néfastes pour l'environnement que pour notre santé. S’ils font l’objet d’une lutte dans plusieurs industries, c’est encore trop léger pour celle des vêtements.

PFAS et bébé. Ces substances que l’on appelle “polluants éternels” sont partout. Dans nos produits d’entretien, dans nos cosmétiques, dans notre mobilier… En plus d’être particulièrement dangereux pour l'environnement, ils sont également extrêmement nocifs pour la santé. Et les premiers à en subir les conséquences sont souvent les enfants et les bébés. De par leur peau plus perméable, de par leur petite taille et de par leurs réflexes de mettre les mains dans la bouche, ils sont souvent les premières victimes.
Les enfants sont particulièrement à risque face aux PFAS
Malheureusement, leurs propres vêtements sont problématiques, puisqu’eux-mêmes présentent des substances chimiques nocives. Les industriels les utilisent notamment pour rendre les vêtements imperméables, pour les colorer ou encore, pour créer des motifs et des imprimés. Anne Lafourcade, chimiste en santé-environnement pointe du doigt ce fléau et Pierre Souvet, cardiologue, évoque lui l’effet cocktail, qui consiste à dire que c’est la multiplication des situations à risque, le véritable problème.
Vêtements colorés, imprimés, imperméables… Mais à quel prix ?
« Il y a un risque par voie cutanée, comme pour les adultes, mais aussi par voie alimentaire, car les enfants ont tendance à mâchouiller leurs vêtements », explique-t-il. « La peau des bébés et des enfants est plus perméable, les polluants entrent plus facilement dans leur corps », complète la chimiste. Le problème, c’est que, dans cette industrie particulièrement, les substances chimiques ne sont pas exhaustivement mentionnées. Anne Lafourcade compare d’ailleurs les vêtements à une autre industrie, très sujette au problème des PFAS.
« À titre de comparaison, les cosmétiques répondent à une réglementation européenne précise qui oblige les fabricants à dévoiler la composition. Hélas, les textiles font partie des articles les moins réglementés ». Elle rappelle également que c’est sur le long-terme que ces substances se trouvent être toxiques. « Les enfants ne vont pas mourir en portant un vêtement contenant des produits chimiques, c’est plutôt une menace fantôme qui agit sur le long terme ». Ceci étant dit, ce n’est pas une raison pour ignorer le problème.

Mais alors, comment contrer ce fléau et éviter un maximum les composants chimiques dont regorgent les vêtements des plus petits ? Premier bon geste : éviter les sites et/ou magasins de fast fashion. Temu, Shein ou encore Amazon… ne profitent pas de règles de vérification ou de contrôle. Résultat : aucune visibilité sur les substances utilisées pour la fabrication des pulls et des pantalons de vos enfants. A cela, choisissez plutôt les marques avec des labels. Ces derniers peuvent être signe d’une certaine conscience.
Alban Jillet, responsable de certification textile, conseille d’y prêter attention. « Sur le marché de l’habillement, il existe plusieurs certifications, toutes sont des initiatives privées qui définissent leur propre cahier des charges et leur niveau d’exigence ». Enfin, optez plutôt pour du naturel que pour du synthétique et n’hésitez pas à laver les vêtements deux fois au lieu d’une avant de le faire porter à votre enfant.