Jusqu'à 20°C d’amplitude thermique en France : comment expliquer ce phénomène ? Jusqu'à quand va-t-il durer ?

Cette semaine en France, les températures entre le matin et l'après-midi font souvent le grand écart : jusqu'à plus de 20°C de différence ! Comment expliquer ce phénomène ? Est-ce normal à cette époque de l'année ?
-2°C ce jeudi matin à Vichy (Allier), 18°C prévus cet après-midi, -1°C à Avignon (Vaucluse) ce matin, 19°C cet après-midi, -2°C ce matin à Nevers (Nièvre), 17°C cet après-midi… Et les exemples sont légion ! Cette semaine, en France, les amplitudes thermiques entre matin et après-midi atteignent souvent 15 à 20°C. Mardi, l'amplitude a même atteint 24°C du côté d'Albi et d'Aurillac !
Des gelées ont une nouvelle fois été observées ce matin, particulièrement marquées en altitude. La #température est notamment descendue jusquà -15,4°C à #Chamonix (3 845 m).
— vigiprevention_meteo (@VigipreventionM) March 19, 2026
À plus basse altitude, des gelées ont également été signalées, notamment au Puy-en-Velay, à Briançon, à pic.twitter.com/WydebLUFXn
Beaucoup ne savent plus comment s'habiller, "y'a plus de saison, ma bonne dame", entend-on sur les marchés… Pourtant, cette situation est classique aux alentours du printemps, qui commence d'ailleurs officiellement demain sur le calendrier, vendredi 20 mars. Alors comment expliquer ce phénomène ? Va-t-il encore durer pendant plusieurs jours ?
De la doudoune au T-shirt !
Ces fortes amplitudes thermiques sont caractéristiques des belles journées de début de printemps. Avec l'insolation en hausse, c'est-à-dire des journées de plus en plus longues et un soleil de plus en plus haut dans le ciel, la surface terrestre se réchauffe davantage par conduction, et les après-midis sont douces en cas de ciel dégagé.
Par ailleurs, à cette époque de l'année, la végétation se réveille doucement, et son feuillage n'est pas encore totalement déployé. L'évapotranspiration est donc encore minime, et limite l'humidité de l'air. Or, plus une masse d'air est sèche, plus elle favorise le refroidissement nocturne, et donc de fortes amplitudes thermiques en journée.
Les régions de montagne, où l'air est généralement plus froid, donc plus sec (car l'air froid peut accueillir moins de vapeur d'eau que l'air chaud) sont encore plus facilement que les autres soumises aux fortes amplitudes. Lorsque des hautes pressions s'invitent au printemps, et qu'un flux d'Est très sec et continental s'installe, comme actuellement, cela entraîne des nuits relativement froides, avec un gel sous abri possible, et une grande douceur l'après-midi.

Dans certaines régions, le taux d'humidité frôle en ce moment les 20 à 25% l'après-midi, ce que nous avions connu lors que vagues de chaleur sèches exceptionnelles (août 2020, juin 2003) ou de certains épisodes de douceur (octobre 2003) : le début du printemps n'a donc pas le monopole des fortes amplitudes, puisque lors de ces épisodes, des amplitudes record de près de 30°C avaient été mesurées localement.
Pour les prochains jours, nous allons conserver ces écarts de températures au moins jusqu'à dimanche, voire mardi, selon les derniers scénarios des modèles. Une différence de 10 à 14°C en moyenne est à attendre selon les régions, avec encore localement des amplitudes de 20°C. Profitez-en, en vous couvrant le matin, et en vous découvrant ensuite. Ou comment passer en quelques heures de la doudoune… au T-shirt !