El Niño en vue : le phénomène arrive dans les prochaines semaines avec 70 % de risque d’être fort à très fort
Les dernières évolutions des températures de surface de l’océan Pacifique tropical et les projections climatiques internationales renforcent les signes d’un développement d’un El Niño très intense dans les prochains mois.

Avec le réchauffement rapide de l’océan Pacifique tropical, la consolidation d’El Niño se rapproche de plus en plus. La principale région de surveillance du phénomène, connue sous le nom de Niño 3.4, présente déjà des anomalies de +0,4 °C la semaine dernière et, selon la dernière mise à jour de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis (NOAA), El Niño est désormais considéré comme probable « prochainement », avec 82 % de probabilité de formation entre mai et juillet 2026.
Par ailleurs, le service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne a souligné dans son dernier rapport saisonnier que plus de 50 % des membres de l’ensemble multi-modèles (ensemble de différentes simulations utilisées pour estimer les scénarios futurs possibles) pointent vers un épisode très intense, avec des anomalies supérieures à 2,5 °C dans la région Niño 3.4 d’ici la fin de la période de prévision.
Découvrez ci-dessous les détails des conditions actuelles du Pacifique, ce que disent les modèles climatiques et ce que signifie concrètement un possible super El Niño.
Conditions actuelles dans le Pacifique et probabilité d’intensité
Le bulletin de la NOAA publié mardi dernier (12 mai) montre que les anomalies de température de surface de la mer (TSM) sont proches du seuil El Niño (+0,5 °C) dans la région Niño 3.4, avec une moyenne de +0,4 °C au cours des deux dernières semaines, tandis que les régions voisines (Niño 1+2 et Niño 3) continuent de se réchauffer.
La bulle d’eau chaude dans la couche sous-superficielle (à 300 m de profondeur) reste intense, avec des anomalies maximales de l’ordre de 6 °C, et est proche d’atteindre la surface.

Outre le réchauffement océanique, les signaux atmosphériques au-dessus du Pacifique tropical commencent également à attirer l’attention. Dans sa dernière analyse de l’oscillation de Madden-Julian (MJO), la NOAA a souligné que des zones de convection renforcée au-dessus du Pacifique pourraient déjà être liées à l’augmentation des températures de surface de la mer dans le Pacifique équatorial central.

Selon le rapport, Selon le rapport, le schéma intraseasonnier de la MJO est devenu plus désorganisé ces derniers jours en raison de l’interférence d’autres modes de variabilité climatique. Malgré cela, des modèles comme le GEFS et l’ECMWF indiquent la possibilité d’une nouvelle amplification du signal convectif au-dessus du Pacifique entre la fin mai et le début juin, dans un contexte qui pourrait encore favoriser le renforcement du couplage océan-atmosphère associé à El Niño.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, la prévision de probabilité de l’intensité de l’événement a été mise à jour ce jeudi 14 mai et les chances d’un épisode « fort à très fort » ont augmenté par rapport à avril, atteignant près de 70 % de probabilité sur le trimestre novembre-décembre-janvier.
En plus de la mise à jour du CPC/NOAA, Copernicus a également publié une note le 10 mai dernier montrant que plus de la moitié des principaux modèles climatiques s’accordent sur un fort réchauffement.
Les modèles climatiques s’accordent sur un fort réchauffement
La mise à jour de l’ensemble multi-modèles (moyenne de plusieurs modèles) de Copernicus montre que les prévisions de plus de la moitié des membres dépassent +2,5 °C d’anomalie dans la région Niño 3.4 d’ici la fin de l’échéance de prévision (en l’occurrence octobre 2026).

Même si les prévisions saisonnières comportent encore une marge d’incertitude, cette valeur est considérée comme extrêmement élevée dans le cadre du suivi du phénomène et est associée aux épisodes d’El Niño les plus intenses observés au cours des dernières décennies.

D’ailleurs, la prévision des précipitations pour juillet-août-septembre montre déjà des signaux classiques d’El Niño sur le Brésil, avec 60 à 70 % de probabilité de pluies supérieures à la moyenne dans le Sud et 70 à 100 % de probabilité de pluies inférieures à la moyenne entre le Nord et le Nordeste.
Par ailleurs, El Niño tend à augmenter les températures moyennes mondiales et à renforcer les phénomènes extrêmes comme les pluies intenses, les sécheresses prolongées ainsi que l’intensité et la fréquence des vagues de chaleur.
Références de l'article :
Highlights of the latest seasonal forecasts, publicado em 10 de maio de 2026 por Copernicus.
El Niño/Southern Oscillation (ENSO) diagnostic discussion, publicado em 14 de maio de 2026 pelo CPC/NOAA.
ENSO: Recent Evolution, Current Status and Predictions, publicado em 11 de maiod e 2026 pelo