Et si les chercheurs arrêtaient d’utiliser les animaux pour les tests en laboratoire ?

L’utilisation d’animaux pour effectuer des tests laboratoire est de plus en plus décriée. De nombreux scientifiques affirment que les résultats obtenus sur les animaux sont loin de ceux obtenus sur les humains. A ce titre, utiliser des modèles animaux est-il vraiment pertinent ?

Le beagle est souvent utilisé pour les tests scientifiques
Le beagle est souvent utilisé pour les tests scientifiques

Test sur les animaux. Il est malheureux, mais indéniable, que nous devons de très nombreuses avancées scientifiques aux animaux et même aux insectes. La drosophile est aujourd’hui toujours utilisée en laboratoire par les chercheurs pour les travaux sur la mémoire ou sur le sommeil. Le lapin a été utilisé pour mettre au point le vaccin contre la rage. Le chien a été utilisé pour trouver le traitement contre le diabète. Mais aujourd'hui, une question se pose : peut-on encore se servir d’êtres vivants pour trouver des remèdes ?

On compte chaque année, en France, à peu près deux millions d’animaux sélectionnés pour le laboratoire

Cette question était peu présente, il y a plusieurs décennies. Mais aujourd’hui, avec les outils actuels, elle ouvre le débat. Peut-on se passer de tests effectués sur les animaux pour faire avancer la médecine ? Les biologistes William Russell et Rex Burch ont créé, en 1959, la règle des “3 R” : remplacer les animaux (si cela est envisageable) ; réduire le nombre d’animaux utilisés pour les tests ; raffiner un maximum le protocole scientifique pour éviter d’infliger des souffrances inutiles.

Chiens, lapins, porcs, souris… De nombreuses espèces se retrouvent dans les laboratoires scientifiques

Cela semble ne plus suffire. En effet, le recours aux animaux semble de plus en plus décrié. La principale raison : à peu près 90 % des médicaments-test ayant fait leurs preuves sur les animaux se révèlent totalement inefficaces sur l’humain, d’après les chiffres repris par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux. Bien que ces résultats fassent l’objet de nombreux débats dans la communauté scientifique, la question de la légitimité de cette méthode peut se poser.

Le médecin Roland Cash bataille pour des tests sans animaux, pour une recherche plus éthique. « Ces taux sont avérés dans la littérature internationale depuis plus de dix ans. Il y a une crise de la recherche pré-clinique, coûtant des milliards d’euros aux industriels du fait de développement de traitements interrompus lors des essais cliniques en raison notamment d’une toxicité trop importante, non repérée chez les animaux ». Alors, le médecin souhaite voir de nouveaux protocoles apparaître.

Même les insectes, comme la drosophile, sont utilisés
Même les insectes, comme la drosophile, sont utilisés

Les « organes sur puce », « des outils in silico [des simulations informatiques] sur lesquels on place beaucoup d’attentes en lien avec l’intelligence artificielle » ou encore, les biobanques, qui représentent également un véritable espoir pour la partie de la communauté scientifique qui souhaite l’arrêt total des expériences sur les animaux. Cependant, les agences sanitaires tendent à se montrer assez conservatrices, et ça, le médecin en est bien conscient. Il sait que, pour que ces nouvelles méthodes soient approuvées, elles doivent montrer patte blanche.

Néanmoins, il se veut optimiste. « On peut s’attendre à ce que seuls 10 % des animaux actuellement utilisés en expérimentation le soient encore en 2040. La recherche sera plus efficace, moins coûteuse, plus rapide ».

Référence de l’article :

Pourra‑t‑on un jour se passer des tests animaux en laboratoire ?