Avril sec et chaud signifie-t-il que l'été à venir sera torride en France ? Les premières tendances

La France vient de connaître son 5e mois d'avril le plus chaud depuis le début des relevés. Que faut-il en déduire pour cet été : pourrait-il être très sec et caniculaire ? Voici les premières tendances.
Le mois de mai débute dans l'instabilité, avec un pont de la Fête du Travail qui s'annonce pluvieux et orageux dans de nombreuses régions. Dès le début de la semaine prochaine, c'est même la fraîcheur qui va s'installer, avec des températures maximales de 18°C en moyenne au Nord comme au Sud, des valeurs souvent 1 à 3°C en-dessous des normales de saison.

Le contraste sera donc saisissant par rapport au mois d'avril que nous venons de vivre, où un temps sec voire très sec, accompagné de douceur voire de chaleur, a dominé presque sans partage. Que peut-on en déduire sur la météo de cet été ? Les mois d'avril secs et chauds ont-ils toujours été suivis d'étés torrides ? Jetons un œil dans le rétro et analysons les premières tendances saisonnières.
Les étés "pourris" de 2007 et 2011
Le mois d'avril qui se termine ce jeudi a donc été sec, voire archi-sec, avec des déficits de pluie au Nord du pays de 90% localement ! Il a surtout été chaud pour la saison, n'ayons pas peur des mots, avec un excédent thermique estimé à +2,2°C par rapport aux moyennes de saison sur la période 1991-2020.
Avec une moyenne de températures proche de 14°C, ce mois d'avril sera certainement le 5e le plus chaud en France depuis le début des relevés, derrière 2007 (14,8°C), 2011 (14,51°C), 2020 (14,1°C) et 1945 (14,02°C). Nous avons par exemple ce 30 avril au matin battu des records de températures minimales élevées, notamment à Dinard (14,3°C), Lorient (15,1°C) et Noirmoutier (16,4°C).
C'est sans compter sur l'épisode de chaleur précoce en début du mois, où les 30°C ont été dépassés dans le Sud-Ouest, et les 29°C dans le Nord-Ouest. Cet avril chaud et sec annonce-t-il un été caniculaire ? Pas forcément, en tout cas si l'on en croit les archives de notre climat. Avril 2007, le plus chaud de l'histoire, avait par exemple été suivi de l'été le plus frais du 21e siècle, qualifiable de pourri, avec fraîcheur et pluies durables et intenses.
Températures exceptionnelles pour un mois d'avril dans le centre et le nord-ouest : 30°C quasiment atteints localement en Bretagne.
— Nicolas Berrod (@nicolasberrod) April 8, 2026
De précédents records de chaleur sont largement battus.
Pour se rendre compte, on est environ 14°C au-delà des maximales moyennes (!) en avril. pic.twitter.com/fkuGNs7zbC
2011 ne fait pas mieux, avec le deuxième mois d'avril le plus chaud de l'histoire, suivi du deuxième été le plus frais du 21e siècle, juste derrière 2007. En revanche, l'été 1945 avait été relativement chaud par rapport aux moyennes de saison de l'époque (environ 1°C au-dessus des normales 1961-1990). Quant à l'été 2020, une première partie fraîche avait été suivie par une seconde partie caniculaire, une canicule même inédite depuis 50 ans au Nord de la Seine au mois d'août.
Nous ne pouvons donc rien déduire de ce mois d'avril 2026 chaud et sec : tout est possible pour l'été à venir ! Néanmoins, si l'on tient compte des prévisions saisonnières de Météo-France (fiables à 60%), qui voient juin et juillet plus chauds que la normale, mais aussi du réchauffement climatique qui s'accélère, et de la possibilité du début d'un épisode El Niño, l'été 2026 a de grandes chances d'être chaud en France. Affaire à suivre…